Réécoutez notre édition spéciale sur la mobilisation des taxis

(Altercation gare du nord entre un VTC et des taxis grévistes © Radio France)

Raphaëlle Duchemin s’est rendue jeudi entre 12h et 14h, dans la voiture France Info, des Champs Elysées à Porte Maillot à Paris, l’un des points de ralliements des taxis. Elle a rencontré des chauffeurs de taxis, de VTC et d'UberPOP.

Les chauffeurs de taxis sont en colère et se sentent menacés avec l’arrivée des chauffeurs de l'application UberPOP, des particuliers qui moyennant finance vous emmène d’un point A à un point B. Ce jeudi, ils sont appelés dans toute la France une journée de mobiliation.

Samy est chauffeur UberPOP depuis neuf mois. Ce qui lui plaît c’est la flexibilité des horaires, et la liberté relationnelle. Au quotidien, il est chauffeur-livreur de marchandises, mais pense à arrêter pour se consacrer uniquement à UberPOP. "Il n’y pas de concurrence déloyale. Nous sommes auto-entrepreneurs, il n’y a pas de travail dissimulé, nous avons une assurance pour l’activité, nous avons passé un examen médical chez un médecin agréé par la préfecture et nous avons passé une formation de sécurité routière. "

"Il n’y pas de concurrence déloyale", déclare Samy, chauffeur UberPOP
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A Paris, la préfecture de police a décidé de renforcer les contrôles et les interpellations de chauffeurs UberPOP. Le groupe "taxi transport de personnes" de la préfecture de police, plus connu sous le nom de Boers, contrôle les taxis, les VTC et depuis quelques temps les UberPOP.

Une brigade de police spéciale contre les chauffeurs UberPOP. Le reportage de Mathilde Lemaire
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A Nice, Lyon et Marseille, le mouvement des taxis est très suivi, et altercations entre les chauffeurs sont nombreuses.

Nice, Lyon et Mareille également touchées par le mouvement des taxis
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Bernard Cazeneuve va demander au Préfet de police de Paris d’interdire Uberpop. "Cela montre la volonté des pouvoirs publics de faire appliquer la loi ", explique Pierre-Henry Brandet, porte-parole du ministère de l’Intérieur. "Il y a eu des perquisitions au siège d'UberPOP, il y a quelques semaines. La justice travaille et même si on peut comprendre les exaspérations, la violence ne résoud jamais les conflits ."

Uberpop : "Le ministère de l'Intérieur est là pour faire appliquer la loi", explique Pierre-Henry Brandet
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Pourquoi une telle démission des pouvoirs publics ? s’interroge Thierry Guicherd, taxi affilié à la G7. "Cela fait des mois que l’application est sur le marché et que les pouvoirs publics n’ont rien entrepris pour pouvoir calmer les ardeurs d’une start up californienne. La colère des taxis est légitime et partagée par le plus grand nombre. " "Le gouvernement a la clé pour résoudre le problème qui est celui des transports. Il faut que les pouvoirs publics prennent leurs responsabilités avant que cela ne dégénère. "

Attention à l’amalgame répond, Yannick Hascoet, cofondateur de Chauffeur Privé. "UberPOP et les chauffeurs privés n’ont rien à voir. Il est désastreux que l’on fasse l’amalgame. Je ne suis pas contre UberPOP, mais j’aimerais savoir quelle est la loi, ce que l’on a le droit de faire ou pas. Je regrette qu’une société puisse se permettre des choses parce qu’elle a les moyens et qu’elle est à l’étranger. "

Taxis et VTC même combat ? La réponse de Thierry Guicherd et Yannick Hascoet
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Thibaud Simphal, directeur général d'Uber France, ne supporte pas d’entendre que son activité n’est pas légale. "C’est très hypocrite d’aller dire c’est illégal. Laissons le débat juridique se poursuivre devant les tribunaux. Nous avons lancé UberPOP avant la loi Thévenoud et nos avocats nous disent qu’elle permet de continuer UberPOP. " "Les taxis n’en souffrent pas. On le sait. Monsieur les taxis prouvez et montrez-nous que cela fait baisser votre chiffre d’affaires. "

"Les taxis ne souffrent pas", estime Thibaud Simphal, directeur général d'Uber France
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Les chauffeurs de taxi attendent donc des actions. "Pour l’instant ce ne sont que des promesses, donc on veut qu’ils agissent", explique Sylla Ibrahima, président de Taxis de France. "Nous allons être reçus par Bernard Cazeneuve et nous espérons que nous aurons gain de cause ." "Comment cela se fait-il que leurs start-up se trouvent toutes à l'étranger, s'ils sont dans la légalité ? ", s'étonne Sylla Ibrahima.

"Nous espérons que nous aurons gain de cause", déclare Sylla Ibrahima
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Depuis quatre mois, Frédéric Guedmi est devenu artisan taxi. Un choix qu’il a fait pour être dans la légalité, et travailler normalement, mais qu’il regrette. "J’aurais mieux fait de faire VTC parce que le gouvernement accepte un système économique à l’américaine. " "La cohabitation avec les VTC est possible, par contre UberPOP c’est du travail au noir, et qu’il le veuille ou non, ils ne sont pas assurés. "

Frédéric Guedmi, chauffeur de taxi depuis peu, s'inquiète pour son avenir
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