Prix du gaz : "L'objectif de l'UFC-Que choisir, c'est une baisse pour tous"

Le tarif réglementé du gaz a augmenté de 80% en France depuis 2005.
Le tarif réglementé du gaz a augmenté de 80% en France depuis 2005. (CHARLIE ABAD / PHOTONONSTOP)

L'association de consommateurs propose, via un fournisseur belge, des prix 13% moins chers que ceux du tarif réglementé. Les explications de Cédric Musso, directeur des relations institutionnelles.

L'UFC-Que choisir veut faire baisser les factures de gaz des Français. Alors que les tarifs réglementés du gaz ont augmenté de 80% depuis 2005, l'association de consommateurs a trouvé une parade : l'action collective. Comment y participer ? Il suffit de s'inscrire sur le site internet www.gazmoinscherensemble.fr afin de pouvoir bénéficier du tarif réduit d’au moins 13% proposé par Lampiris. Ce fournisseur de gaz alternatif belge est le seul à avoir accepté toutes les conditions de l'appel d'offres lancé en juillet par l’association.

Plus le nombre de clients sera important, plus le tarif sera attractif. Dernière étape clé, le 26 novembre : il faut alors souscrire l'offre au même moment que tous les autres participants. Pour rappel, 81% des Français sont toujours abonnés chez l'opérateur historique GDF-Suez. 

Francetv info a interrogé Cédric Musso, directeur des relations institutionnelles à l’UFC Que-Choisir.

Quels sont les problèmes du marché du gaz en France ? 

Cédric Musso : L’énergie est la préoccupation majeure de 87% des Français, selon une vaste étude menée par l’UFC-Que choisir en 2011. Le tarif réglementé a explosé et on annonce une nouvelle hausse en novembre. La précarité énergétique grandit, 42% des foyers affirment avoir réduit leur chauffage pour ne pas avoir à payer des factures trop lourdes. On note aussi une recrudescence des litiges.

Notre constat est que, depuis l’ouverture du marché à la concurrence en 2007, trop peu de Français ont changé de fournisseur. Le marché est toujours sclérosé. La cause principale est le manque d’informations des clients. Ils ignorent qu’ils peuvent changer de fournisseur de gaz ou ne savent pas comment faire. Ils craignent des coupures. Pourtant, l’énergie est le domaine où le changement d'opérateur est le plus aisé. On peut résilier à tout moment, sans aucune coupure, et tous les frais sont pris en charge.

Comment souhaitez-vous faire évoluer la situation ?

La campagne que nous avons lancée vise à avoir un impact concret sur la facture, mais également à garantir une sécurité juridique au consommateur et à associer l’UFC-Que choisir dans le traitement des réclamations. L’offre initiale proposée par Lampiris est un tarif 13% moins élevé que le prix réglementé du kilowatt-heure. Rapporté à la consommation moyenne des clients qui se chauffent au gaz, cela représente entre 124 et 132 euros d’économie par an selon la ville dans laquelle ils habitent.

Pourquoi Lampiris est-il le seul à avoir répondu à l’appel d’offres ?

Il s’agit d’une campagne innovante en France, mais aussi en Europe. Le cahier des charges impose des conditions contractuelles plus strictes que la loi. Clairement, c’est parce qu’elles ont été jugées trop exigeantes, trop protectrices des consommateurs, que les autres fournisseurs ont refusé de participer.

Lampiris a pourtant accepté l’ensemble des conditions. Sur la dimension tarifaire, l’offre initiale faite par le fournisseur est la meilleure sur le marché actuel. Et ce n’est qu’un point de départ puisque, en se mobilisant, les consommateurs peuvent bénéficier d’une offre encore plus attractive. Evidemment, on regrette que les autres fournisseurs n’aient pas participé davantage au jeu de la concurrence.

Parmi ces avancées juridiques, le fournisseur devient le seul interlocuteur et le seul responsable face au consommateur, ce qui va faciliter la communication et le règlement des litiges. De plus, on le pousse à promouvoir une consommation sobre en énergie auprès de son client, à l’informer et à l’aider dans cette voie. Celui-ci pourra bénéficier d’une facturation bimestrielle sur la base de sa consommation réelle grâce au fait qu’il aura la possibilité de relever lui-même sa consommation. Dans le cas où une partie de la facture serait contestée, le fournisseur s’engage à ne réclamer que la part non contestée. Le différend sera réglé dans un second temps.

Quel impact aura cette campagne sur les autres fournisseurs ?

Cette campagne vise à servir le consommateur. L’objectif premier est de dynamiser la concurrence, donner un coup de pied dans la fourmilière. Notre but initial est de déclencher 20 000 souscriptions. On espère ainsi susciter des offres de la part des autres fournisseurs, mais aussi assainir les pratiques contractuelles. Le but est que la baisse des prix et l’amélioration de la sécurité juridique puisse bénéficier à tous.