Surveillants pénitentiaires : "Le mouvement sera certainement reconduit lundi" prévient l'UNSA/UFAP Justice

Blocage lundi 15 janvier des surveillants de la prison de Fleury-Mérogis (Essonne).
Blocage lundi 15 janvier des surveillants de la prison de Fleury-Mérogis (Essonne). (MAXPPP)

Faute de réponses concrètes du gouvernement, le porte-parole du syndicat UNSA/UFAP Justice menace de faire durer le mouvement de colère des surveillants pénitentiaires.

Un appel aux blocages des établissements pénitentiaires a été reconduit pour vendredi 19 janvier après une forte mobilisation jeudi partout en France. Point de départ de ce mécontentement, plusieurs agressions de gardiens de prison à Vendin-le-Vieil dans le Pas-de-Calais, Mont-de-Marsan dans les Landes, ou encore Tarascon dans les Bouches-du-Rhône. "Nous avons proposé un document de travail qui est parti à Matignon, mais on n'a aucun retour, on reprend les discussions à 9h [vendredi]" a expliqué vendredi sur franceinfo, Jean-François Forget, secrétaire général du syndicat UNSA/UFAP Justice. "Il est peu probable que cela suffise pour lever le camp ce soir [vendredi], le mouvement sera certainement reconduit lundi prochain."

franceinfo : Où en est le mouvement de colère des surveillants de prison, la situation reste tendue ?

Jean-François Forget : Oui, elle est déjà compliquée et tendue depuis le départ. C'est aussi un des éléments qu'on a mis en avant auprès de nos interlocuteurs : plus tôt ils entendront nos revendications qui sont plus que légitimes, plus vite le mouvement pourra s'arrêter, car plus on va avancer, plus ça va s'enliser. On continue sur les mêmes modalités mais si on bascule sur la semaine prochaine, ce qui semble potentiellement être le cas, je pense que le durcissement général va se prononcer. Ce mouvement commence à avoir des conséquences au quotidien sur la vie des personnels, des établissements. Il y a de l'énervement, de l'agacement, cela tend la gestion avec la population pénale.

Où en sont les négociations avec le ministère de la Justice ? Vous travaillez sur un document de travail ?

On a passé une vingtaine d'heures consécutives à bosser sur les sujets de sécurité et ça a découlé sur un document de travail qui est parti à Matignon. Mais visiblement il y a dans le gouvernement trop de technocrates qui n'ont aucune connaissance de l'ampleur d'une gestion politique, et de l'analyse de la situation dans un contexte tendu comme aujourd'hui. On n'a aucun retour, on reprend les discussions ce matin à 9h [vendredi]. Il est peu probable que cela suffise pour lever le camp ce soir. Il y a deux sujets urgents : la violence dans nos prisons et le sujet particulier des détenus radicalisés.

C'est au niveau du gouvernement, de son arbitrage que ça coince pour ce qui est de la satisfaction de vos revendications ?

Oui, c'est l'arbitrage en effet. Et les premiers éléments qui nous reviennent par téléphone ne sont pas satisfaisants. Pour Vendin-le-Vieil, il y a dix mesures, c'est acté. Pour autant, dans les propos du président Macron, il n'y a que 5 mots : "plan global pour les prisons". Et ça, ça ne suffit pas à calmer l'ardeur du mouvement. On attend des actes. Le gouvernement doit présenter un document plus engageant pour que nos collègues de travail puissent se positionner. Le mouvement ne désenfle pas et on reste toujours nombreux devant les établissements. Ce sera la même chose, lundi, mardi et mercredi s'ils ne comprennent pas qu'il faut qu'ils répondent rapidement à nos exigences.