Les idées claires. La prison est-elle le meilleur moyen de lutter contre la criminalité ?

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Cette semaine, les peines de prison, leur efficacité et les alternatives sont au coeur des Idées claires, notre programme hebdomadaire produit par Franceinfo et france Culture et destiné à lutter contre les désordres de l'information, des fake news aux idées reçues.

La garde des Sceaux, Nicole Belloubet, a présenté le 11 septembre en conseil des ministres un plan pénitentiaire qui permettra, selon elle, de réduire la population carcérale de 8 000 personnes, notamment grâce à une redéfinition des peines. L'idée est de favoriser les alternatives aux détentions courtes et de mieux préparer les sorties de prison pour éviter les récidives, a-t-elle expliqué.

"On fait de l'emprisonnement la peine de référence unique, ce qui est inefficace quand elle est de courte durée, a estimé la ministre de la Justice. En-dessous de six mois, elle désocialise plus qu'elle ne réinsère." En-dessous d'un mois, l'emprisonnement sera ainsi banni. Au total, "nous imaginons que cela pourra faire diminuer le nombre de détenus de 8.000 environ", avance la garde des Sceaux.

Les peines de prison ne disparaissent pas pour autant : si 2 000 places dans des "structures d'accompagnement vers la sortie" vont être créées, elles seront accompagnées de la livraison d'ici 2022 de 7000 places dans les autres établissements et le lancement de projets pour 8 000 places supplémentaires, à livrer plus tard. Ainsi, 1,7 milliard d'euros seront consacrés d'ici la fin du quinquennat à la construction d'établissements pénitentiaires.

Surpopulation et conditions de détention déplorables

Le nombre de détenus a atteint en juillet en France un record, avec près de 71.000 personnes incarcérées. Selon des chiffres du ministère de la Justice, 12,2% des personnes condamnées et en prison purgent des peines de moins de six mois, 17,3% de six mois à un an, et 19,7% de un à deux ans.

En plus de la surpopulation carcérale, régulièrement pointée du doigt, l'état des prisons françaises est aussi critiqué : puces de lit, rats, manque d'hygiène, humidité... La France a déjà été condamnée par la Cour européenne des droits de l'homme, notamment en 2013, pour "traitement dégradant" sur ses détenus.

Pour répondre à nos interrogations sur l’efficacité de la prison, nous avons sollicité Virginie Gautron, pénaliste, maîtresse de conférences à l'université de Nantes.

>> "Les Idées claires", un programme hebdomadaire vidéo et audio

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