Des incidents entre forces de l'ordre et surveillants pénitentiaires éclatent devant la prison de Fleury-Mérogis

Des surveillants pénitentiaires se mobilisent devant la prison de Fleury-Mérogis (Essonne), le 18 janvier 2018.
Des surveillants pénitentiaires se mobilisent devant la prison de Fleury-Mérogis (Essonne), le 18 janvier 2018. (JULIEN MATTIA / NURPHOTO / AFP)

Les gardiens de prison se mobilisent depuis quatre jours pour réclamer de meilleures conditions de sécurité, après l'agression de plusieurs surveillants dans des prisons françaises.

Des incidents ont éclaté, vendredi 19 janvier au matin, entre forces de l'ordre et surveillants pénitentiaires devant la prison de Fleury-Mérogis (Essonne). Alors que les gardiens bloquaient l'accès à la plus grande prison d'Europe, les gendarmes mobiles ont forcé le passage peu après 7 heures et tiré des gaz lacrymogènes pour évacuer les 150 manifestants. Le calme est ensuite revenu, mais la situation reste tendue.

"A 7 heures, la directrice a demandé à ce que les agents puissent entrer. Nous avons refusé et nous nous sommes mis en opposition devant les CRS, ce qui a créé des bousculades", confie à franceinfo Koubi Ambroise, représentant CGT de Fleury-Mérogis. "Ils ont commencé à nous gazer dans les yeux pour nous déloger, mais nous leur avons opposés résistance. Un collègue a reçu un coup de matraque dans la tête, ajoute-t-il. "Il est désolant de voir des fonctionnaires frapper d'autres fonctionnaires, non armés et venus pacifiquement."

C'était une bonne scène de guérilla. J'ai d'ailleurs encore les yeux rougis par les lacrymos.Koubi Ambroiseà franceinfo

Plusieurs agressions en une semaine

Ces affrontements interviennent quatre jours après le début de la mobilisation nationale des gardiens, qui réclament de meilleures conditions de sécurité. Plusieurs agressions de surveillants se sont produites ces derniers jours, à Vendin-le-Vieil (Pas-de-Calais), le 11 janvier, au centre pénitentiaire de Mont-de-Marsan (Landes), lundi 15 janvier et dans la prison de Tarascon (Bouches-du-Rhône), mardi. Au total, 11 gardiens ont été touchés.

"Nous en voulons au président, au gouvernement et au ministre de tutelle qui ne veut pas négocier et discuter nos propositions", ajoute Koubi Ambroise de la CGT. Jeudi, 123 détenus de la prison de Fleury-Mérogis ont refusé de regagner leurs cellules après la promenade de la mi-journée. Ils les ont finalement réintégrés dans le calme, encadrés par des équipes d'intervention, selon la Direction de l'administration pénitentiaire. Six prisonniers, considérés comme les meneurs du mouvement, ont été envoyés en quartier disciplinaire.