Conditions de détention indignes : la contrôleuse des lieux de privation de liberté juge possibles "des milliers d’actions en justice"

Adeline Hazan, contrôleuse générale des lieux de privation de liberté, à Paris le 27 mars 2019
Adeline Hazan, contrôleuse générale des lieux de privation de liberté, à Paris le 27 mars 2019 (CHRISTOPHE MORIN / MAXPPP)

La Cour de cassation a rendu mercredi 8 juillet un arrêt rendant possible la libération d’un prisonnier si ses conditions de détention sont jugées indignes. Une décision "historique", souligne Adeline Hazan.

Après cette décision de justice, "le gouvernement et le législateur ont intérêt à faire vite pour rendre les conditions de détention dignes. Sinon, ce sont des milliers d'actions en justice qui pourraient avoir lieu", a alerté Adeline Hazan, contrôleuse générale des lieux de privation de liberté, sur franceinfo ce jeudi. 


"Malheureusement, les prisons françaises offrent, pour beaucoup d'entre elles, des conditions totalement dégradées", a déploré Adeline Hazan. À Fresnes (Val-de-Marne) par exemple, "les détenus sont à trois ou quatre dans des cellules. Il y a des rats dans les cellules. Il y a des punaises de lit". Des conditions de détention "considérées par la Cour européenne des droits de l'homme comme des traitements inhumains", a-t-elle rappelé.

La France est un des pays où les conditions sont les plus indignes.Adeline Hazanà franceinfo

Selon la contrôleuse générale des lieux de privation de liberté, pour "faire en sorte de baisser la surpopulation [carcérale]", le gouvernement doit profiter "des conditions actuelles, où il y a quand même 13 500 détenus en moins par rapport au mois de mars", sans quoi "le gouvernement aura laissé passer une occasion historique qui ne se représentera pas." Pour contenir l’épidémie de coronavirus dans les prisons, ces dernières ont été désengorgées via des libérations anticipées de détenus au cours des derniers mois.

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