Colère des surveillants de prison : la CGT-Pénitentiaire rejette les propositions du gouvernement

Un drapeau de la CGT lors du blocage de la prison de Vendin-le-Vieil (Pas-de-Calais), le 15 janvier 2018. 
Un drapeau de la CGT lors du blocage de la prison de Vendin-le-Vieil (Pas-de-Calais), le 15 janvier 2018.  (DENIS CHARLET / AFP)

Le syndicat appelle à poursuivre le mouvement de blocage des prisons, samedi 20 janvier, après une semaine de protestations. 

Pour la CGT, c'est non. La CGT-Pénitentiaire, syndicat minoritaire chez les gardiens de prison, a annoncé qu'elle ne signerait pas le projet d'accord négocié avec le gouvernement, dans un communiqué diffusé samedi 20 janvier.

Le syndicat appelle en parallèle à poursuivre le mouvement de blocage des prisons, entamé il y a une semaine pour protester contre les conditions de travail des surveillants de prison, et les agressions à leur encontre. 

"La consultation est arrivée à son terme au sein du syndicat. La décision de nos syndiqués est : la CGT Pénitentiaire ne signera pas le relevé de conclusions proposé par le ministère", indique le syndicat. La CGT-Pénitentiaire appelle "l'ensemble de ses militantes et militants, à continuer les actions entreprises depuis le début de la semaine et réaffirme dès à présent son appel à un blocage total de l'ensemble des établissements dès lundi 22 janvier".

Un accord "bien en deçà des attentes des collègues"

Pour le syndicat, le projet d'accord est "bien en deçà des attentes des collègues mobilisés, notamment en terme de reconnaissance et d'attractivité de (ses) missions de service public (indemnité et statut), et de l'insuffisance de création de postes proposés". A l'heure actuelle, l'administration pénitentiaire compte 28 000 surveillants dans 188 établissements.

Ce texte, négocié entre le gouvernement et une plateforme syndicale regroupant l'Ufap-Unsa Justice (majoritaire avec plus de 40%) et la CGT (environ 15%), prévoit entre autres la création de 1 100 emplois de surveillants sur quatre ans, "dont une première tranche de 100 emplois dès 2018". Il évoque aussi la définition d'un régime de détention spécifique pour les détenus radicalisés violents.

Jointe par l'AFP en fin d'après-midi samedi, l'Ufap-Unsa n'avait pas encore reçu l'ensemble des réactions de sa base, et n'était pas "encore en mesure de communiquer". Toutefois, selon une source à l'Ufap-Unsa, "les premières remontées sont négatives et il est très peu probable que le syndicat signe ce texte". De son côté, FO-Pénitentiaire a appelé à durcir le mouvement. Le syndicat fait cavalier seul depuis le début du mouvement, lancé après l'agression de surveillants par un détenu jihadiste dans le Pas-de-Calais.