Agression de surveillants par un détenu radicalisé au Havre : "L'administration est totalement en retard par rapport à ces individus"

Un détenu a agressé deux surveillants ce jeudi 20 juin au centre pénitentiaire du Havre 
Un détenu a agressé deux surveillants ce jeudi 20 juin au centre pénitentiaire du Havre  (QUENTIN DÉHAIS / MAXPPP)

Wilfried Fonck, secrétaire national de l'UFAP-UNSA Justice réagit à l'agression de surveillants par un détenu au centre pénitentiaire du Havre ce jeudi 20 juin. 

Un détenu condamné pour terrorisme a agressé deux surveillants jeudi 20 juin au centre pénitentiaire du Havre (Seine-Maritime). Pour Wilfried Fonck, secrétaire national de l'UFAP-UNSA Justice, invité de franceinfo, cette nouvelle agression est le signe qu'il faut adapter les conditions de détention au profil des détenus.

franceinfo : Êtes-vous en colère après cette agression ?

Wilfried Fonck : Oui, on est en colère. Aujourd'hui, 3 mois après l'agression à caractère terroriste de Condé-sur-Sarthe, c'est un même profil qui réédite le même type de faits à l'encontre des personnels. Donc au-delà de la colère, c'est le ras-le-bol, et il est temps que l'administration prenne en compte les revendications de l'UFAP-UNSA Justice concernant la gestion de ce type de profil.

La gestion de ces détenus radicalisés ou condamnés pour terrorisme n'est pas réglée ?

Elle est loin d'être réglée. Cela va faire près de 20 ans que l'administration est totalement en retard par rapport à ces individus-là. Aujourd'hui, il est temps que politiquement, les choses changent, et que l'on regarde la réalité telle qu'elle est. On ne peut pas conserver ce type de profil au sein des détentions ordinaires. Ce n'est pas possible.

Ce détenu avait-il des conditions de détention particulières ?

Non, il était en détention ordinaire comme n'importe quel détenu. La seule mesure de sécurité qui était mise en place, c'était l'ouverture de la porte de la cellule à deux agents.

On a déjà vu des agressions dans des prisons considérées comme les plus sûres de France. Pour vous, quelle est la solution ? 

Aujourd'hui, il faut créer des structures adaptées au profil des détenus, en fonction de leur parcours pénaux et carcéraux. Il faut adapter les mesures et les niveaux de sécurité en fonction de ces profils. Quand on voit que la violence avec arme envers les personnels devient de plus en plus banale, il est urgent que l'administration réagisse et s'adapte à ces nouveaux profils criminels.

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