Pour la première fois, un fusillé de 1914 est déclaré "Mort pour la France"

(Maxppp)

Dans une interview vendredi au journal La Croix, le ministre des Anciens combattants, Kader Arif, explique ce "premier geste" parce que, dit-il, "les fusillés ont toute leur place dans l'histoire de notre Nation." Lionel Jospin puis Nicolas Sarkozy avaient fait des pas vers la réhabilitation de ces soldats "fusillés pour l'exemple".

Le premier fusillé "Mort pour la France " s'appelle Jean-Julien-Marie Chapelant. Originaire d'Ampuis dans le Rhône, sous-lieutenant du 98e régiment d'infanterie, il a été fusillé le 11 octobre 1914 dans la Somme, après avoir été condamné par un conseil de guerre
spécial du régiment pour désertion. Quatre jours plus tôt, il avait été  blessé par balle à la jambe, avant d'être, disait-il, fait prisonnier
et de s'évader. Il avait été passé par les armes installé sur son brancard.

Son père s'était battu toute sa vie pour tenter de le faire
réhabiliter. Mais la Cour suprême de justice militaire avait, en juin 1934, maintenu la décision de 1914.

"Les fusillés ont toute leur place dans l'histoire de notre Nation,
ainsi que l'ont rappelé Lionel Jospin en 1998 et Nicolas Sarkozy en 2008 et il nous appartient aujourd'hui de poursuivre ce travail de mémoire",
déclare Kader Arif dans La Croix.

En novembre 1998, Lionel Jospin qui était alors Premier ministre, avait souhaité que les soldats "fusillés pour l'exemple, épuisés par des attaques condamnées à l'avance, glissant dans une boue
trempée de sang, plongés dans un désespoir sans fond, qui refusèrent d'être des sacrifiés
" , victimes * " d'une discipline dont la
rigueur n'avait d'égale que la dureté des combats, réintègrent
aujourd'hui, pleinement, notre mémoire collective nationale " . *

En novembre 2008, Nicolas Sarkozy avait lui estimé que les fusillés pour l'exemple de 1914* " ne s'étaient pas déshonorés".*

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La mention "Mort pour la France ](http://www.onac-vg.fr/fr/missions/mentions/)" a été instituée au début de la Première Guerre mondiale et modifiée à plusieurs reprises. Elle concerne désormais "tout acte de décès d'un militaire ou civil tué à l'ennemi ou mort dans des circonstances se rapportant à la guerre".

 

 

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