VIDÉO. PMA : "Si j'étais député, je ne verrais pas de raison de m'opposer à la revendication des femmes", affirme Axel Kahn

Le généticien assure avoir changé d'avis sur cette question de la procréation médicalement assistée, notamment car "même si l'on considère de toute son âme que le mieux c'est un enfant avec papa et maman, hélas c'est loin d'être le cas habituel".

Axel Kahn, généticien et nouveau président de la Ligue contre le cancer, a déclaré sur franceinfo mardi 2 juillet avoir changé d'avis sur la PMA "avec l'évolution des réalités et les études. Je ne dis pas que je suis favorable. Je dis que si j'étais député, je ne verrais pas de raison de m'opposer à la revendication des femmes."

Plusieurs enquêtes indiquent "qu'il n'y a pas de différence significative selon les types de famille [avec ou sans père] quant à l’avenir des enfants et leur épanouissement, explique-t-il. Aujourd’hui, c'est extrêmement facile pour une femme d'aller se faire féconder par le sperme d'un donneur. Dans la réalité, il faut aussi savoir qu'il y a environ 14 millions d'enfants en France dont 3 millions vivent déjà dans des familles monoparentales."

"Je ne crois pas que cela fasse courir un risque à l'enfant"

"Compte tenu de tout cela, on n'a pas l'impression qu'accéder à la demande des femmes équivale à faire perdre une chance aux enfants. Pour quelle raison un député devrait-il s'opposer à cela ?", interroge Axel Kahn. "Le député peut avoir un avis personnel, mais il faut qu'il dise s'il a une raison, en regard des valeurs qui fondent la société, de s'opposer à une revendication."

Et lui admet avoir changé d'avis sur cette question en raison des études publiées mais aussi de la réalité : "Il y a vingt ou trente ans, mon incertitude sur ce qui était le mieux pour les enfants m'amenait à rester dans l'expectative. Mais même si l'on considère de toute son âme que le mieux c'est un enfant avec papa, maman, hélas c'est loin d'être le cas habituel. Donc, comparé à ce qui existe vraiment, que deux adultes décident d'avoir un enfant ensemble et recourent au don de sperme, je ne crois pas que cela fasse courir à l'enfant un risque spécial."

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