PMA : "Il n'y a pas de jugement sur notre parentalité", témoigne un couple de femmes mères d'un enfant

Un slogan en faveur de la procréation médicale assistée pour tous à Paris le 28 juin 2018.
Un slogan en faveur de la procréation médicale assistée pour tous à Paris le 28 juin 2018. (CHRISTOPHE PETIT TESSON / EPA)

Alors que le Comité consultatif national d'éthique a émis, mardi, un avis sur le l'extension de la procréation médicale assistée à toutes les femmes, un couple de femmes certifie que "la société avance" sur cette question.

Le Comité consultatif national d'éthique (CCNE) a de nouveau, pris position, mardi 25 septembre, en faveur de l'extension de la procréation médicale assistée (PMA) aux couples de femmes et aux femmes seules. En juin 2017, les experts de ce comité avaient déjà rendu une position favorable. Aujourd'hui, une grande partie de la société semble mûre pour accepter cet élargissement, selon un couple de mamans que franceinfo a rencontré. 

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Kim-Lan et Alexia entourent Anha, leur petite fille de 18 mois, conçue par une technique d'insémination qui ne leur était pas permise en France. Le couple s’est rendu en Belgique où "il n’y a eu aucun problème, témoigne-t-il. L’accueil a été très bon." En France, la société est prête à l'accepter, estiment les deux jeunes femmes, au regard des réactions depuis la naissance de leur fille. "On est plutôt agréablement surprises. Il n’y a pas de jugement sur notre parentalité. On nous demande souvent si on a pris ou non un donneur anonyme et pourquoi. Les gens sont curieux, ne jugent pas", affirment-elles d'une même voix.

Si la société l'accepte, ce n'est pas encore le cas des institutions, de l’État. L'insémination, coûteuse, n'est pas remboursée par la Sécurité sociale. La filiation n’est pas reconnue pour les deux parents, d'où une longue procédure d'adoption pour la femme qui n’a pas porté l’enfant. Ce chemin passe par le commissariat. "Il y avait des gens qui étaient là pour tout autre chose, pour des délits. Ce n’est pas un endroit bienveillant", déclare l'une des mamans. Une reconnaissance par l'Etat, changerait tout, estiment Kim-Lan et Alexia. Elles souhaitent que "le gouvernement prenne une orientation très claire", car "la société avance". Et si elles avaient un deuxième enfant, "que ce soit en France serait beaucoup, beaucoup plus simple", dit l'une, pour "ne pas se sentir hors la loi", ajoute sa compagne. 

Emmanuel Macron a déjà dit qu'il était favorable à l'élargissement de la PMA. Une prochaine loi bioéthique devrait être présentée par le gouvernement d'ici la fin de l'année, pour un débat au Parlement début 2019.

PMA : "La société avance", témoigne un couple de femmes mères d'un enfant - un reportage de Solenne Le Hen
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