Ecologie et pauvreté : 43 organisations réclament au gouvernement "des actes concrets"

Le délégué général de la Fondation Abbé-Pierre, Christophe Robert, s\'adresse à la presse à la sortie du palais de l\'Elysée, le 17 octobre 2017 à Paris. 
Le délégué général de la Fondation Abbé-Pierre, Christophe Robert, s'adresse à la presse à la sortie du palais de l'Elysée, le 17 octobre 2017 à Paris.  (LUDOVIC MARIN / AFP)

Ces associations et syndicats demandent, entre autres, d'interdire la location de logements indignes et de passoires énergétiques, d'évaluer l'impact de toute nouvelle loi sur les 10% les plus pauvres, ou encore de revaloriser les minima sociaux.

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Ils demandent plus d'ambition de la part de l'exécutif. Une quarantaine d'organisations, déçues des annonces d'Edouard Philippe la semaine dernière pour "l'acte II" du quinquennat, ont réclamé lundi 17 juin un traitement "systémique de l'urgence sociale et écologique", passant par la revalorisation des minima sociaux ou l'évaluation de l'impact des nouvelles lois sur les 10% les plus pauvres.

Dans "le discours du Premier ministre, les têtes de chapitres étaient intéressantes mais dans le détail, le compte n'y est pas", a estimé Véronique Fayet, présidente du Secours catholique, lors d'une conférence de presse. Celle-ci a demandé un traitement de l'"urgence sociale et écologique de manière systémique". "Nous pensons qu'il faut aller à la vitesse supérieure", a de son côté relevé Christophe Robert, de la Fondation Abbé-Pierre, regrettant "un écart entre le discours affiché et la réalité des actes".

Laurent Berger, de la CFDT, a vu des "débuts d'inflexion extrêmement légère", tout en notant dans le discours de l'exécutif une "prise de conscience de l'urgence et de la volonté de changer de méthode et de concerter davantage".

Huit propositions "très concrètes"

Pour cette raison, une quarantaine d'organisations ont listé huit mesures "très concrètes". Début mars, en plein grand débat national, 19 associations et syndicats, dont la CFDT, la Fondation Hulot, ATD Quart Monde ou la Fondation Abbé-Pierre, avaient signé un "pacte écologique et social", proposant au gouvernement un "big bang fiscal" et un meilleur partage du pouvoir, avec 66 propositions. Trois mois plus tard, elles sont désormais 43 organisations, rejointes notamment par Emmaüs, l'Armée du Salut, la Fédération des centres sociaux ou Oxfam. Elles mettent en exergue les huit propositions, sans abandonner les 66.

Elles demandent, entre autres, d'interdire la location de logements indignes et de passoires énergétiques ; d'évaluer l'impact de toute nouvelle loi sur les 10% les plus pauvres ; de revaloriser les minima sociaux et les faire évoluer au même rythme que les revenus du travail ; de mettre fin aux exonérations de la taxe carbone ; de permettre aux migrants qui se trouvent en France d'y déposer leur demande d'asile, ainsi qu'une baisse du reste à charge pour les personnes vivant en Ehpad.

Ces organisations, qui souhaitent être reçues par l'exécutif, espèrent que leurs propositions seront prises en compte dans le cadre des réformes en cours, y compris dans le projet de loi de finances 2020. "On veut une cohérence des politiques publiques parce que bien souvent, que ce soit en matière de lutte contre la pauvreté ou de réchauffement climatique, on a des mesures qui s'annulent", a relevé Véronique Fayet. A la rentrée, ces organisations prévoient de faire un "tour de France" pour rencontrer des élus locaux et citoyens à propos de ce pacte.

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