Paris : un camp de migrants évacué par la police

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Les autorités ont procédé mardi à l'aube à l'évacuation du campement de migrants situé sous le métro aérien, boulevard de La Chapelle à Paris. Plus de 350 migrants seront relogés, durablement pour les candidats à l'asile, provisoirement seulement pour les personnes en transit sur le sol français.

Près de 400 migrants ont été sortis de leur sommeil à l'aube ce mardi matin par les CRS. L'ordre a été donné par la préfecture d'évacuer leur campement situé boulevard de La Chapelle, sous le métro aérien à Paris.

Le secteur a été entièrement bouclé par les forces de police peu avant 6h ce matin. Une douzaine de camions de CRS ont bloqué l'accès à la circulation et aux piétons, empêchant les migrants qui ne se trouvaient pas sur place d'aller récupérer le peu d'objets personnels qu'ils conservaient sous les tentes.

Les migrants, pour la plupart des Soudanais, des Guinéens et des Erythréens, ont ensuite été rassemblés sur un terre-plein central, où plusieurs associations dont Emmaüs étaient présentes pour les orienter vers d'autres solutions d'hébergement.

Depuis plusieurs mois, près d'un an pour certains, ils s'entassaient dans ce campement de fortune, dans des conditions d'hygiène déplorables.

La semaine dernière, des représentants des pouvoirs publics et d'associations avaient mené une enquête sur place pour savoir de quel régime relevaient toutes ces personnes. 180 d'entre elles sont des candidates à l'asile, les autres sont considérées comme des migrants "en transit" vers d'autres pays comme la Grande Bretagne.

"Aidez les enfants. Aidez-nous"

Souleymane, jeune homme de 22 ans originaire de Guinée Conakry, est désespéré : "ça fait trois mois que je dors ici sous une tente. Je suis venu en France parce qu'il y a des problèmes chez, moi. On m'a menacé de mort. Je ne peux pas retourner au pays ".

Sous le brouhaha du métro, Souleymane explique qu'on ne "dort pas ici. Il n'y a pas de toilettes, on vit mal. Il y a des enfants, des femmes. On n'a nulle part où dormir ". Et le jeune homme de lancer cet appel aux Français : "quand vous venez chez nous, on vous accueille bien, parce qu'on sait que vous êtes des gens bien. Ici il n'y a pas de drogués, pas d'alcooliques. Aidez les enfants, aidez-nous ".

"Aidez les enfants, aidez-nous" Souleymane, 22 ans, réfugié originaire de Guinée Conakry dont le campement a été évacué mardi matin
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Un opération humanitaire, pas policière

Pierre Henry, le directeur général de France terre d'asile précise pour sa part que cette opération n'est pas un coup de force de la police, elle résulte de la nécessité de trouver un endroit plus digne à l'ensemble de ces migrants  : "c'est une opération humanitaire, il ne s'agit en aucun cas d'une opération policière ", dit-il. "Sur les 376 personnes qui sont là, beaucoup vont pouvoir enfin accéder à la demande d'asile et avoir un toit au-dessus de la tête ce soir ".

"C'est une opération humanitaire", Pierre Henry, directeur général de l'association France terre d'asile
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Risqué d'épidémie de dysentrie

Dans un communiqué, la préfecture de police avance également l'urgence sanitaire de cette opération. "les conditions d'hygiène étaient particulièrement alarmantes, notamment en raison de la densification de l'occupation et de la promiscuité au sein du campement".

Un médecin mandaté, en visite sur place le 22 mai dernier, avait conclu lui-même à "la possibilité de transmission de parasitoses et la survenue d'épidémies de dysenterie", précise le texte qui se félicite par ailleurs que l'ensemble des pouvoir publics, police et associations, aient pu établir un "diagnostique social individualisé" des 380 personnes, afin d'assurer au mieux leur accompagnement après le démantèlement du camp.

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