Une patiente reçoit de l\'oxygène. Image d\'illustration. 
Une patiente reçoit de l'oxygène. Image d'illustration.  (MAXPPP)

"On se relève et ça coupe le souffle" : la bronchopneumopathie chronique obstructive, mal silencieux des femmes

La journée mondiale de lutte contre la bronchopneumopathie chronique obstructive (BPCO) a lieu le mercredi 15 novembre. Cette maladie sournoise, qui endommage les bronches et les poumons, est souvent due au tabac (80% des cas) et concerne plus de 3 millions de personnes en France. En 2020, elle sera la troisième cause de mortalité selon les pneumologues. Les spécialistes sont très inquiets car elle touche de plus en plus de femmes. Cette pathologie peut progresser silencieusement pendant des années et elle est donc largement sous-diagnostiquée.

Les deux sexes ne sont pas égaux devant la BPCO. Chez un homme, les symptômes sont clairs, notamment une fort toux, facilement repérable. Chez la femme, en revanche, ils sont plus discrets, avec souvent un essoufflement qui peut passer inaperçu. "De manière générale, on a un sous-diagnostic de la BPCO très important chez la femme", confirme Maeva Zysman, pneumologue au CHU de Nancy. La cause : un diagnostic qui s'oriente du mauvais côté. "On va d'abord penser à un asthme." Selon la pneumologue, ce "retard au diagnostic" est imputable à tout le corps médical, aussi bien les médecins généralistes que les pneumologues. 

Bronchites, gêne respiratoire, douleurs...

Frédérique, atteinte de BPCO, se souvient des symptômes de la maladie. "J'avais des bronchites régulièrement et, l'hiver, j'étais fragile. Un matin, j'étais très mal, avec l'impression que l'air n'allait pas au fond [de mes poumons]." Elle ressent une grosse gêne respiratoire.

J'avais vraiment le sentiment que j'avais quelqu'un qui était assis sur ma poitrine et qui ne voulait pas se lever.

Frédérique, atteinte de BPCO

à franceinfo

Les symptômes évoluent progressivement pour cette femme de 47 ans. "On se penche pour faire ses lacets, on se relève trop vite et ça coupe le souffle. Et puis, petit à petit, c'est de plus en plus une oppression." Jusqu'au moment où la BPCO devient profondément handicapante pour cette malade. "Il y a des moments où c'est de plus en plus une souffrance à l'effort et, ça m'est arrivé, une douleur à l'effort."

Arrêter de fumer, le principal traitement

Huit cas sur dix de BPCO sont liés au tabagisme. Pas de quoi surprendre Frédérique : "Je suis fumeuse depuis la conception. Je suis née en 1970, à une époque où le tabac était omniprésent dans nos vies. À l'adolescence, c'était la digne continuité que de se mettre à fumer. Très vite, à la fac, on arrive à un paquet par jour." Alors, quand cette femme sent sa gêne respiratoire s'accentuer, elle dresse un constat :

Il faut que j'arrêter de fumer, je vais crever, je vais mourir.

Frédérique, malade de BPCO

à franceinfo

L'initiative est bonne mais ne résoud pas tout. "Si on arrête de fumer, on ne va pas guérir, on ne va pas retrouver une fonction respiratoire normale mais on va freiner l'évolution de cette maladie", explique Maeva Zysman. C'est en tout cas le premier levier d'action : "L'arrêt du tabac, c'est le traitement principal de la maladie." Et pour diagnostiquer la pathologie, la seule solution est de faire une mesure de souffle. 

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