EN IMAGES. Rond-point, mémorial, agora : les mille et unes vies de la place de la République à Paris

Depuis les attentats de janvier et novembre 2015, la place de la République a changé de dimension. Grâce à un réaménagement qui laisse des espaces vides et à une piétonisation d'une partie de la place, manifestants, Parisiens et touristes s'approprient l'endroit. Dernier exemple en date : le mouvement "Nuit Debout" qui s'y est installé.

Depuis les attentats de janvier et novembre 2015, la place de la République a changé de dimension. Grâce à un réaménagement qui laisse des espaces vides et à une piétonisation d'une partie de la place, manifestants, Parisiens et touristes s'approprient l'endroit. Dernier exemple en date : le mouvement "Nuit Debout" qui s'y est installé.

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Avant son réaménagement, débuté en 2011, la place de la République est bruyante et polluée. Voitures, motos et scooters y déboulent de sept voies et avenues, au carrefour des grands boulevards. VINH LUU / MAIRIE DE PARIS
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Le monument à la République et sa cèlèbre statue de Marianne n'est alors qu'un gigantesque rond-point.  VINH LUU / MAIRIE DE PARIS
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Le sol de cette place haussmanienne de 300 mètres par 120 mètres était "bombé", se souviennent Pierre-Alain Trévelo et Antoine Viger-Kohler, architectes du cabinet TVK qui ont conçu le réaménagement de la place, interrogés par France Culture. "L'intérieur était entrecoupé par les voitures. On était repoussé sur les côtés",expliquent-ils .  SOPHIE ROBICHON / MAIRIE DE PARIS
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L'idée des architectes est donc de créer une grande surface horizontale "neutre", ainsi que des "sous-lieux" pour favoriser différents usages de la place.  JACQUES DEMARTHON / AFP
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"Il faut pouvoir avoir un seul espace continu et sans obstacle pour qu'on puisse l'occuper", disent Pierre-Alain Trévelo et Antoine Viger-Kohler.  MARC VERHILLE / MAIRIE DE PARIS
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Après deux ans de travaux, la nouvelle place de la République est inaugurée en juin 2013. A l'époque, Libération y voit une "une esplanade d’une infinie platitude, une dalle lisse pavée de trois nuances de gris minéral".  VINCENT WARTNER / 20 MINUTES / SIPA
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Mais la place trouve rapidement ses adeptes. Les enfants s'emparent du miroir d'eau, les skaters profitent de l'espace, on s'y donne rendez-vous, on s'assied "aux pieds de la République"...  VINCENT WARTNER / 20 MINUTES / SIPA
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Avant son réaménagement, la place accueillait déjà rassemblements statitiques et manifestations transitant par "Répu". Mais le nombre d'événements a depuis largement augmenté (195 recensés par la préfecture de police en 2011 contre près de 300 en 2015).  MAXPPP
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Pro-Kurdes, pro-Palestiniens, pro-Tibétains s'installent parfois aux côtés de tentes dressées par l'association Droit au logement. Sans pour autant bloquer la place. "Les manifestants ne sont pas moins importants que les skaters mais les skaters ne le sont pas moins que les manifestants", estime Pierre-Alain Trévélo. BERTRAND GUAY / AFP
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Le 7 janvier 2015, après l'attentat qui décime Charlie Hebdo, les Parisiens se rassemblent spontanément sur la place de la République. Les locaux de l'hebdomadaire étaient pourtant plus proche de la place de la Bastille, mais celle-ci est encore un carrefour dédié aux voitures.  JOEL SAGET / AFP
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Et c'est de là que part la marche contre le terrorisme, le 11 janvier, qui réunit entre 1,3 et 1,5 million de manifestants à Paris.  YOUSSEF BOUDLAL / REUTERS
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Crayons, fleurs, bougies... Le socle de la statue devient un mémorial où chacun peut venir se recueillir.  DURSUN AYDEMIR / ANADOLU AGENCY / AFP
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Le même phénomène se produit après les attentats du 13 novembre. La place incarne la mémoire des victimes des attentats. On rallume les bougies, on rafraîchit les fleurs. Des bénévoles entretiennent le mémorial improvisé.  JACKY NAEGELEN / REUTERS
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"Il fallait rendre l’esplanade aux Parisiens, et les laisser se l’approprier", explique au Monde Pierre-Alain Trévelo. Avec ce vaste espace piéton, "la place devait pouvoir accueillir les grands événements mais aussi les petites choses, plus intimes", rajoute Antoine Viger-Kohler. PHILIPPE WOJAZER / REUTERS
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On s'appropie la place, la statue... Jusqu'aux palissades du café en travaux après un incendie. "Fluctuat nec mergitur" (Il est battu par les flots, mais ne sombre pas), la devise de Paris, y est taguée. ROLLINGER-ANA / ONLY FRANCE / AFP
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Et, l'appropriation se poursuit. Le 31 mars, après la manifestation contre la loi Travail, des manifestants s'installent place de la République et la transforme en agora. Le mouvement Nuit Debout est né.  PHILIPPE WOJAZER / REUTERS
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Depuis, plusieurs milliers de personnes se réunissent et débattent. Un mouvement citoyen inédit. Sans pour autant entraver la vie de la place de la République : le café est ouvert, les skateurs font du skate...  MAXPPP
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Si des débordements et des dégradations ont eu lieu dans les nuits du 14 et du 15 mars, en marge de "Nuit Debout", dans le nord-est de Paris, à l'occasion de manifestations sauvages, le rassemblement se déroule globalement dans le calme. Il reste toutefois encadré par les forces de l'ordre présentes en nombre sur la place. CHARLES PLATIAU / REUTERS
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"Le vide appelle l'activité humaine. Nous avions souhaité le garder en faisant le pari que l'avenir trouverait des usages auxquels nous n'avions pas forcément pensé", explique Pierre-Alain Trévelo au Huffington Post. L'avenir lui a donné raison.  CHRISTIAN HARTMANN / REUTERS
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