Ces politiques de gauche et de droite qui veulent en finir avec Nuit debout

Des manifestants de la Nuit debout, le 10 avril 2016 sur la place de la République, à Paris.
Des manifestants de la Nuit debout, le 10 avril 2016 sur la place de la République, à Paris. (RODRIGO AVELLANEDA / ANADOLU AGENCY / AFP)

Alors que le mouvement se poursuit place de la République, à Paris, et dans plusieurs autres villes, des personnalités politiques demandent l'arrêt de ce type de manifestations sur la voie publique, après les débordements de samedi.

Ils commencent à s'impatienter. Alors que le mouvement Nuit Debout occupe la place de la République à Paris depuis le 31 mars, des hommes politiques de droite et de gauche, de François Fillon à Jean-Christophe Cambadélis, ont haussé la voix contre cette manifestation.

Le Parti socialiste veut "remettre de l'ordre" place de la République

Au Parti socialiste, les élus parisiens ont été les premiers à réagir. Vendredi 1er avril, la maire de la capitale, Anne Hidalgo avait estimé sur France Info que "les lieux publics ne peuvent pas être privatisés". Dimanche 10 avril, après les violences de la veille, le maire du 3e arrondissement, Pierre Aidenbaum, s'est insurgé sur i-Télé. "Aujourd'hui, la place est dégradée, souillée. C'est inacceptable, cela ne peut plus durer, a-t-il déclaré. Il faut remettre de l'ordre sur la place de la République."

Le premier secrétaire du parti socialiste, Jean-Christophe Cambadélis, a également émis des réserves sur France Info"Tant que c'était bon enfant, on pouvait tolérer, même si l'occupation ou la privatisation d'une place n'est pas totalement possible, estime-t-il. Mais là, depuis quelques jours, la violence s'est invitée (...) donc la difficulté est là. C'est-à-dire que l'on peut discuter, dialoguer (...), mais si ça tourne à la violence, on ne peut pas tolérer".

Pour Les Républicains, ce mouvement n'est pas "compatible" avec l'Etat d'urgence

C'est logiquement à droite, chez Les Républicains, que se trouvent les principaux détracteurs de ce mouvement né de l'opposition à la loi Travail. "Je comprends la colère des gens de gauche par rapport à la politique conduite par François Hollande, mais je suis profondément choqué qu'on ait, d'un côté, l'état d'urgence et que de l'autre, on tolère ce type de rassemblement", a déclaré dimanche François Fillon au "Grand Rendez-vous" Europe 1-Le Monde-i-Télé.

Geoffroy Didier est du même avis. "Il y a aujourd'hui un état d'urgence, a-t-il rappelé lundi 11 avril sur i-Télé. Qu'il y ait eu le temps de la manifestation, c'est légitime, et chacun a droit de manifester dans ce pays, mais aujourd'hui, il faut et il est temps d'évacuer parce qu'il y a eu des débordements." Sur France Inter, Bruno Le Maire a évoqué une "dictature de la minorité". "Chacun mérite l'écoute, chacun mérite le respect, mais pas de dictature de la minorité, a-t-il déclaré.

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