Nucléaire : trop de sous-traitants ?

France 2

Peut-on se permettre de sous-traiter une activité aussi risquée que la sécurité du nucléaire ? C'est une des questions posées par le rapport parlementaire sur la sécurité de nos installations. Aujourd'hui, les sous-traitants effectuent 80% des activités d'exploitation ou d'entretien des réacteurs.

La sous-traitance dans les centrales nucléaires est  une faille de taille dans la sûreté selon un rapport parlementaire. En France, la maintenance des réacteurs est assurée à 80% par des travailleurs extérieurs à l'exploitant EDF ; 160 000 sous-traitants interviennent quotidiennement, employés par des entreprises mises en concurrence. Un système qui a des conséquences sérieuses selon une association de salariés sous-traitants : "C'est le moins-disant social qui remporte le marché, et ça se répercute sur les conditions d'intervention, de travail, et forcément derrière, on peut avoir que des problèmes de non-qualité de maintenance, des fuites, des choses qui ne sont pas acceptables", analyse Gilles Reynaud, président de l'association "Ma zone contrôlée".

"Le taux de panne de nos centrales a été divisé par deux"

Encore plus grave selon les députés, à force de sous-traiter, les techniciens d'EDF ne posséderaient plus les connaissances détaillées de tous les équipements. Le rapport préconise donc de "favoriser la réintégration des compétences (...) afin de contenir le niveau de sous-traitance et (...) de mieux maîtriser la conduite des sites".

Des critiques rejetées par EDF, pour qui la sous-traitance est parfaitement maîtrisée. C'est même un gage que qualité : "Le taux de panne de nos centrales a été divisé par deux, le nombre d'accidents du travail, que ce soit EDF ou prestataires sur nos installations, a été divisé d'un facteur 2", assure Dominique Minière, directeur du parc nucléaire d'EDF. EDF affirme veiller à garder en interne certains métiers comme le soudage ou la robinetterie.

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