A l'ONU, plus de 50 pays signent un traité interdisant l'arme nucléaire

Lors de l\'Assemblée générale de l\'ONU, à New York, le 19 septembre 2017.
Lors de l'Assemblée générale de l'ONU, à New York, le 19 septembre 2017. (VANESSA CARVALHO / BRAZIL PHOTO PRESS)

Les neuf puissances nucléaires, notamment les Etats-Unis, la Russie, la Chine et la France, ont boycotté le texte.

Une cinquantaine de pays, Brésil en tête, ont lancé, mercredi 20 septembre lors de l'Assemblée générale de l'ONU, la signature d'un traité bannissant l'arme atomique. Une décision prise malgré le boycott des puissances nucléaires qui invoquent la menace nord-coréenne pour dénoncer la naïveté du texte.

Le traité, élaboré en quelques mois, a été adopté en juillet par 122 pays. Il entrera en vigueur dès lors qu'il aura été ratifié par 50 d'entre eux, ce qui pourrait prendre des mois. Il pose pour la première fois l'interdiction de développer, stocker ou menacer d'utiliser l'arme nucléaire, mais n'aura aucun impact sur les quelque 15 000 têtes nucléaires actuellement stockées dans le monde. Il est pourtant censé marquer "une étape importante vers l'objectif universel d'un monde sans armes nucléaires", a affirmé le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres

Les partisans du traité accusés de "naïveté"

Si les défenseurs du traité qualifient mercredi la signature de "journée historique", les neuf puissances nucléaires (Etats-Unis, Russie, Chine, Inde, Pakistan, Israël, France, Royaume-Uni, Corée du Nord) ont refusé jusqu'ici d'entendre parler d'un texte dont la gestation a coïncidé avec la montée de la crise nord-coréenne. Ces pays dénoncent la "naïveté" du texte.

"Il n'y a rien que je souhaite tant pour ma famille qu'un monde sans arme nucléaire, mais nous devons être réalistes. (...) Qui peut croire que la Corée du Nord accepterait une interdiction des armes nucléaires ?" a déclaré en mars l'ambassadrice américaine à l'ONU, Nikki Haley.

"Cette initiative ignore clairement les réalités de l'environnement sécuritaire international", ont encore fustigé la France, le Royaume-Uni et les Etats-Unis à l'issue de la rédaction du texte en juillet. L'Otan a aussi condamné le texte dans une déclaration commune : "Alors que le monde doit rester uni face à des menaces grandissantes, en particulier la grave menace que représente le programme nucléaire nord-coréen, ce traité ne tient pas compte de ces défis de sécurité urgents."

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