Les agressions contre les pompiers ont augmenté de 21% en 2018

Des pompiers rassemblés sur la place de la République, à Paris, le 2 décembre 2019.
Des pompiers rassemblés sur la place de la République, à Paris, le 2 décembre 2019. (XOSE BOUZAS / HANS LUCAS)

L'an dernier, 3 411 soldats du feu ont déclaré avoir été victimes d'une agression, révèle une étude rendue publique mercredi.

Les agressions contre les sapeurs-pompiers, qui alimentent le mécontentement de la profession depuis plusieurs années, ont augmenté de 21% en 2018, rapporte une note de l'Observatoire national de la délinquance et des réponses pénales (ONDRP). Dans le détail, 3 411 pompiers ont déclaré avoir été victimes d'une agression l'an dernier, contre 2 813 un an plus tôt en 2017.

En moyenne, cela représente sept pompiers agressés pour 10 000 interventions. Un chiffre en hausse exponentielle par rapport à 2016 (5 pour 10 000) et 2017 (6 pour 10 000), constate l'ONDRP.

L'Observatoire fait valoir que la hausse a été continue depuis dix ans. En 2008, seuls 899 soldats du feu avaient déclaré une agression. "L'augmentation du nombre de déclarations d'agressions peut être due à une augmentation des actes de violences, à une meilleure remontée des informations, à un abaissement du seuil d'acceptabilité des violences ou à une sensibilisation des autorités hiérarchiques sur la nécessité de mieux déclarer les faits", explique l'ONDRP.

Dans un rapport rendu public mercredi, des sénateurs ont appelé le gouvernement à se mobiliser pour enrayer la hausse de ces agressions. Lors du 126e congrès des sapeurs-pompiers en septembre, le ministre de l'Intérieur Christophe Castaner s'était engagé "à tout faire" pour la sécurité des agents, avec une grande campagne de communication et l'expérimentation des "caméras-piétons".

Plus de 1 400 jours d'arrêt de travail 

Selon l'ONDRP, plus de la moitié des pompiers qui ont été agressés en 2018 étaient des professionnels (55% du total) alors qu'ils représentent 17% des effectifs. A Marseille et dans l'agglomération parisienne, où les pompiers sont des militaires, l'augmentation est respectivement de +18% et +48%. C'est en Nouvelle-Aquitaine que le taux d'agression pour 10 000 interventions est le plus élevé (16) suivi par Bourgogne-Franche-Comté (9). La région Pays de la Loire se caractérise par une forte augmentation entre 2017 et 2018 (+146%).

En France, sur les 3 411 pompiers ayant été agressés en 2018, 2 241 ont déposé plainte, soit 66% d'entre eux. Les agressions ont donné lieu 1 424 jours d'arrêt de travail. Avec 521 jours, la région Ile-de-France présente le nombre plus élevé.

En 2018, 450 véhicules de pompiers ont été endommagés, selon les données de l'ONDRP. L'ensemble des services départementaux, y compris les sapeurs-pompiers de Paris et leurs homologues de Marseille, ont déposé 399 plaintes pour dégradations de biens en 2018, contre 326 en 2017, soit une hausse de 22%.

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