Les associations vont-elles snober le PS à la Gay Pride après l'abandon de la PMA ?

Le cortège de la Marche des fiertés (ou Gay Pride), à Paris le 30 juin 2012. 
Le cortège de la Marche des fiertés (ou Gay Pride), à Paris le 30 juin 2012.  (FRÉDÉRIC SOREAU / PHOTONONSTOP / AFP)

Elles n'ont pas digéré ce qu'elles appellent le "renoncement" du gouvernement sur la procréation médicale assistée.

Le Parti socialiste sera-t-il privé de Gay Pride ? Selon L'Express, plusieurs associations envisagent de boycotter les figures de la majorité présentes à la prochaine Marche des fiertés, prévue le 28 juin. En cause, le "renoncement" du gouvernement sur la procréation médicale assistée (PMA) pour les couples de femmes, qui ne sera pas examinée avant 2017.

La ministre des Affaires sociales, Marisol Touraine, a confirmé dimanche 27 avril que la PMA n'était "pas une question aujourd'hui sur la table". Le même jour, au Vatican, le Premier ministre Manuel Valls a assuré que l'exécutif s'opposerait à tout texte ou amendement sur la PMA "jusqu'à la fin de la législature". Lundi, enfin, la secrétaire d'Etat chargée de la Famille, Laurence Rossignol, a reçu L'Avenir pour tous de Frigide Barjot et la Manif pour tous, leur confirmant que le sujet n'était "pas à l'ordre du jour".

"On est très en colère"

"Les personnes LGBT ne sont pas des pigeons que l'on peut appâter tous les cinq ans, une promesse à la fois", a réagi dans un communiqué l'Interassociative lesbienne, gay, bi et trans (LGBT), dénonçant une "trahison". Dans une tribune publiée par Le Monde, mardi 29 avril, son ancien porte-parole Nicolas Gougain prévient : "Les socialistes doivent s'attendre à un accueil glacial des manifestants et des associations en juin prochain lors de la Marche des fiertés." 

Interrogée par L'Express, Amandine Miguel, actuelle porte-parole de l'Inter-LGBT, confirme que "la question se pose" de laisser des personnalités du PS défiler à la Gay Pride. Alix Béranger, membre du collectif Oui-Oui-Oui, se dit, elle, favorable au boycott du Parti socialiste. "On est très en colère. Coup sur coup, annoncer l'enterrement définitif de la PMA depuis Rome et le confirmer auprès de la Manif pour tous, c'est hallucinant, se justifie-t-elle. On a un gouvernement de gauche, un Parlement de gauche et une politique conservatrice de droite !" 

A contrario, La Manif pour tous, fer de lance de la contestation de la loi ouvrant le mariage aux couples homosexuels, et les Associations familiales catholiques se sont félicitées de la décision du gouvernement de ne pas légiférer sur la PMA.

Vous êtes à nouveau en ligne