"On n'imaginait pas avoir une perspective aussi lointaine" : les pro-PMA regrettent le report de l'adoption de la loi

Place de la Bastille, gros plan sur les pancartes de manifestants pour le mariage gay avec les slogans : \"PMA pour moi aussi\", \"Qui a peur de l\'égalité\", \"Oui au mariage, oui à la filiation\", en avril 2013.
Place de la Bastille, gros plan sur les pancartes de manifestants pour le mariage gay avec les slogans : "PMA pour moi aussi", "Qui a peur de l'égalité", "Oui au mariage, oui à la filiation", en avril 2013. (FRANCE INFO / RADIO FRANCE)

Le projet de loi pour instaurer la procréation médicalement assistée (PMA) pour toutes est décalé à son tour par la crise du coronavirus, qui bouleverse le calendrier parlementaire.

Le projet de loi bioéthique qui prévoit notamment l'ouverture de la PMA (procréation médicalement assistée) aux femmes célibataires et aux couples de  femmes - un des engagements phares du d'Emmanuel Macron - devait arriver avant l'été en deuxième lecture à l'Assemblée nationale. Ce ne sera pas le cas, a dit jeudi 21 mai Gilles Le Gendre. Le président du groupe des députés LREM juge qu'il y a d’autres priorités. Il souhaite aussi que le texte soit examiné par une Assemblée au complet, une fois l'épidémie dissipée, et donc, espère-t-il, avant la fin du quinquennat.

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Le projet de loi ouvrant la PMA pour toutes a bien été adopté en première lecture à l'automne dernier par l'Assemblée et assez largement 359 voix contre 114. Au début de l'année, le projet était aussi approuvé, mais de justesse, par le Sénat. C'est la deuxième lecture programmée avant l'été qui va finalement être reportée à cause de la crise du coronavirus.

De nombreuses femmes concernées doivent encore aller en Belgique ou en Espagne pour bénéficier d'une PMA. Pour elles, c'est une attente déjà ancienne qui va encore se prolonger. Catherine Clavin, coprésidente de l'Association des parents et futurs parents gays et lesbiens (APGL), se dit frustrée : "Certaines se réjouissaient d'avance de pouvoir commencer les parcours, peut-être à la rentrée prochaine ou au début de l'année à venir. Ce ne sera manifestement pas le cas. C'est en ce sens là, effectivement, qu'il y a beaucoup, beaucoup de déception. On aurait pu comprendre, évidemment, que les débats ne reprennent pas tout de suite, eu égard à la situation que nous  rencontrons toujours un petit peu. Toutefois, on n'imaginait pas du tout avoir une perspective aussi lointaine." 

Nos certitudes sont ébranlées.Catherine Clavin, Association des parents et futurs parents gays et lesbiensà franceinfo

Une fois le projet adopté en deuxième lecture, il faudra encore tenter de trouver un accord avec le Sénat qui, dans sa version, a supprimé le remboursement de l'acte pour les couples de femmes. Sinon, le dernier mot restera à l'Assemblée. Et, pour entrer en vigueur, la loi ouvrant la PMA pour toutes les femmes devra encore attendre les décrets d'application.

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