Mariage des homos : Mgr André Vingt-Trois appelle les chrétiens à "saisir leurs élus"

Le président de la Conférence des évêques de France, André Vingt-Trois, donne une messe à Notre-Dame de Paris, en janvier 2010.
Le président de la Conférence des évêques de France, André Vingt-Trois, donne une messe à Notre-Dame de Paris, en janvier 2010. (ZHANG YUWEI / MAXPPP)

Le cardinal a tenu un discours virulent, samedi matin, devant 120 évêques réunis à Lourdes.

MARIAGE ET HOMOPARENTALITE - A quatre jours de la présentation du projet de loi en Conseil des ministres, les opposants au mariage des homosexuels haussent le ton. Dans un discours devant 120 évêques réunis à Lourdes en assemblée plénière, le cardinal André Vingt-Trois a déclaré, samedi 3 novembre, que "ne pas reconnaître la différence sexuelle était une supercherie qui ébranlerait un des fondements de notre société". Il a appelé les chrétiens à "saisir leurs élus" pour témoigner de leur opposition au projet de loi, soutenu par 56% des Français, selon un récent sondage.

Le président de la Conférence des évêques de France a a estimé que pour un sujet d'une telle ampleur, "un large débat national s'imposait, qui ne se contente pas d'enregistrer des sondages aléatoires ou la pression ostentatoire de quelques lobbies". Il a durci le ton un peu plus tard dans une interview accordée à BFMTV : "Je demande que tout le monde réfléchisse et prenne conscience de la gravité de ce qui est en train de se mettre en route, et que chacun prenne ses responsabilités." 

"Le mariage de quelques uns imposé à tous"

André Vingt-Trois regrette que le projet du mariage homosexuel survienne alors que "la crise économique atteint de plus en plus l'ensemble de notre société, que des entreprises ferment et que la précarité s'étend". Comme les responsables des principaux cultes en France, qui se sont successivement érigés contre un projet issu, selon eux, d'un discours "bien pensant", Mgr Vingt-Trois a insisté : "La question fondamentale est le respect de la réalité sexuée de l'existence humaine (...) Une vision de l'être humain sans reconnaître la différence sexuelle serait une supercherie".

"Contrairement à ce que l'on nous présente, a poursuivi Mgr Vingt-Trois, "ce ne serait pas le 'mariage pour tous', ce serait le mariage de quelques uns imposé à tous". Une position que ne défendent pas seulement les catholiques, mais aussi protestants, orthodoxes, musulmans ou juifs.

Les religions parlent à l'unisson

Début octobre, la Fédération protestante de France s'est élevée contre "la fausse bonne idée du mariage pour tous", son président en faisant une question "non pas théologique, mais sociale et anthropologique". Pour sa part, le président du Conseil français du culte musulman, Mohammed Moussaoui, se demande s'il n'y a pas, au nom de l'égalité revendiquée pour tous, "une confusion entre l'égalité et la similitude. Deux personnes peuvent être égales mais non semblables, ou être semblables mais non égales".

Une des protestations les plus remarquées vient du Grand rabbin de France, Gilles Bernheim, pour qui "les arguments invoqués d'égalité, d'amour, de protection ou de droit à l'enfant se démontent et ne peuvent, à eux seuls, justifier une loi (...) Aucun couple n'a droit à l'enfant qu'il désire, au seul motif qu'il le désire. L'enfant n'est pas un objet de droit mais un sujet de droit".

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