Mariage pour tous : ce que craignent les autorités religieuses

Le président de la Fédération protestante de France, Claude Baty, le 5 mai 2009.
Le président de la Fédération protestante de France, Claude Baty, le 5 mai 2009. (GERARD CERLES / AFP)

Les autorités protestantes, musulmanes, catholiques et juives sont défavorables à l'ouverture du mariage aux personnes de même sexe. Quels sont leurs arguments ? 

MARIAGE ET HOMOPARENTALITE - Pour les autorités protestantes, le mariage pour tous est "une fausse bonne idée". Dans un entretien à l'AFP, le pasteur Claude Baty, président de la Fédération protestante de France, s'alarme des conséquences de l'ouverture du mariage et de l'adoption aux personnes de même sexe. 

Depuis le retour du débat sur le mariage des homosexuels, initié par la garde des Sceaux, Christiane Taubira, qui prépare une loi pour l'autoriser, les autorités religieuses ont fait part de leurs réticences. FTVi fait le point sur leurs divers arguments.

Pour le pasteur : les homos ont une "fidélité aléatoire"

Pour le pasteur Claude Baty, la spontanéité l'a emporté sur la fidélité au point que beaucoup considèrent aujourd'hui le mariage comme une institution dépassée. Un constat qui, selon lui, ne plaide pas forcément pour le mariage des couples homoxesuels, "dont la fidélité a parfois été considérée comme plus aléatoire que chez les hétérosexuels".

Ses arguments, qui devraient être largement repris dans une déclaration officielle de la Fédération protestante le 13 octobre, sont d'ordre "symbolique""social" et "anthropologique""Le mariage qu'on connaît aujourd'hui a perdu beaucoup de sa clarté", juge le réprésentant d'une confession qui compte 1,7 millions de personnes en France.

Une "destructuration" du mariage, selon le cardinal

Les propos tenus mi-septembre par le cardinal Philippe Barbarin ont suscité la polémique, y compris parmi les fidèles. L'archevêque de Lyon a assuré qu'"après [le mariage des homosexuels], ça a des quantités de conséquences qui sont innombrables. Après, ils vont vouloir faire des couples à trois ou à quatre. Après, un jour peut-être, l'interdiction de l'inceste tombera," avait lancé l'homme d'Eglise.

Slate.fr, qui a recensé les arguments avancés par l'Eglise catholique, note qu'au-delà de ces prises de position polémiques, l'institution religieuse s'interroge sur l'aspect structurant joué par le mariage au sein de la société. "Le mariage apparaît aujourd'hui comme une reconnaissance sociale de sentiments plutôt que comme l’expression de l'engagement irrévocable entre un homme et une femme, rapporte le site d'information. (...) L'Eglise s’inquiète de cette 'destructuration' du mariage et que viendra aggraver selon elle la légalisation du mariage homosexuel."

Dans une note de travail rédigée par le Conseil "Famille et Société" de la Conférence des évêques de France publiée jeudi, l'Eglise s'emploit à "refuser l'homophobie" et suggère même la création "d'une forme d'union plus solennelle, dotée d'un véritable poids symbolique et ne pouvant être rompue sans procédure ni indemnité", qui irait au delà du Pacs, indique Le Monde.fr. Mais pas de mariage, "lié", selon eux,  la fondation d'une famille et à la procréation", à laquelle "seuls les couples hétérosexuels peuvent accéder naturellement", rapporte enfin le blog.

Un mariage "pas autorisé" par l'islam selon les autorités musulmanes

"L'islam n'autorise pas le mariage entre deux personnes de même sexe", a indiqué le président du Conseil français du culte musulman (CFCM), Mohammed Moussaoui, reçu, comme tout les représentants religieux, par la garde des Sceaux, Christiane Taubira. "Les musulmans y sont donc 'opposés'", avait rapporté le blog Digne de foi, du Monde.fr, spécialisé dans les questions de religions.  

Si un premier mariage religieux, à la portée symbolique, a été prononcé en mars par un imam de Seine-Saint-Denis, avait indiqué France 24, les autorités musulmanes sont "sur le point de publier une déclaration très argumentée", pour expliquer leur opposition au projet de loi, a rapporté Le Figaro.fr

Le grand rabbin de France ne se veut pas "faiseur de morale", mais...

Les autorités juives de France préparent aussi une longue prise de position sur la question, avait également rapporté Le Figaro.fr. Selon le site du quotidien, le grand rabbin de France, Gilles Bernheim, a indiqué placer "la lutte contre l'homophobie" au même niveau que la lutte contre "le racisme ou l'antisémitisme". "S'il refuse de se placer en 'faiseur de morale' et donc 'à porter un jugement sur les homosexuels', il récuse ce projet qui 'risque de priver des enfants d'un droit essentiel, avoir un père et une mère et non un parent 1 et un parent 2'", a rapporté le site d'information.

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