L'homoparentalité, ce n'est pas pour maintenant

La ministre de la Justice, Christiane Taubira, le 28 septembre 2012 à Paris.
La ministre de la Justice, Christiane Taubira, le 28 septembre 2012 à Paris. (BERTRAND GUAY / AFP)

Dans une interview au magazine "Têtu", la ministre de la Justice, Christiane Taubira, laisse entendre que les questions de parentalité ne figureront pas dans le projet de loi sur le mariage homosexuel présenté en octobre.

MARIAGE ET HOMOPARENTALITE - L'homoparentalité attendra. Dans une interview au mensuel gay et lesbien Têtu, la ministre de la Justice, Christiane Taubira, a indiqué lundi 1er octobre que le mariage et l'adoption seraient ouverts aux personnes du même sexe "le plus rapidement possible". Mais la ministre estime en revanche qu'il faut "davantage de temps" concernant la "parentalité au sens large".

"La question de la parentalité est plus large, elle intéresse les familles quel que soit leur statut et elle emporte des conséquences juridiques bien plus nombreuses que celles nées de l'ouverture du mariage et de l'adoption aux personnes du même sexe", explique-t-elle lorsque le magazine l'interroge sur la présence dans le projet de loi des questions de parentalité "au sens large" (reconnaissance par un tiers, procréation médicale assistée). Le texte doit être présenté fin octobre en Conseil des ministres.

Une association craint "une réforme de la honte"

"Je pense que ces questions peuvent être séparées pour se donner davantage de temps pour y travailler", conclut la ministre sur ce point. L'association des parents et futurs parents gays et lesbiens (APGL) estime dans un communiqué qu'en se tenant simplement au mariage et à l'adoption pour tous, le gouvernement pourrait "laisser sur le bord du chemin, (...) et de nombreuses familles homoparentales".

Celle-ci craint la mise en place d'"un mariage à deux vitesses du point de vue de la filiation". L'APGL appelle donc le gouvernement à prendre ses responsabilités pour que cette "réforme menée au nom de l'égalité" ne devienne pas, "faute de courage politique et de respect des engagements, une réforme de la honte".

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