L'archevêque André Vingt-Trois, ni "suppôt" ni "adversaire du gouvernement"

Le cardinal André Vingt-Trois, archevêque de Paris, le 12 décembre 2012 à Notre-Dame-de-Paris.
Le cardinal André Vingt-Trois, archevêque de Paris, le 12 décembre 2012 à Notre-Dame-de-Paris. (PATRICK KOVARIK / AFP)

"Je n'ai pas de problème avec la gauche au pouvoir", affirme l'archevêque de Paris, malgré son opposition farouche au projet de loi ouvrant le mariage aux homosexuels.

Non, l'archevêque de Paris, André Vingt-Trois, n'est pas un adversaire du gouvernement. "Je n'ai pas de problème avec la gauche au pouvoir", a-t-il affirmé mardi 25 décembre sur Europe 1, soulignant avoir aussi "tenu des discours sous le gouvernement du président Sarkozy qui n'étaient pas très favorables à la politique qu'il menait". "Je ne suis pas un suppôt du gouvernement et je ne suis pas un adversaire du gouvernement", résume le président de la Conférence des évêques de France.

Polémique sur le retrait par l'Elysée d'un portrait de l'abbé Pierre

Et pourtant, les sujets de discorde avec l'exécutif ne manquent pas. Dimanche, l'archevêque s'était ému du retrait d'un portrait de l'abbé Pierre lors d'un discours de François Hollande dans un centre Emmaüs début décembre. L'Elysée a reconnu qu'"un décor comportant des éléments flous et brillants dont un portrait de l'abbé Pierre" se trouvait effectivement derrière le président au moment de son discours et "a été déplacé pour éviter des reflets gênants".

"Vous n'allez pas me dire que dès qu'il y a une photo derrière le président, ça empêche de filmer", a insisté André Vingt-Trois, expliquant avoir voulu "souligner par là qu'il y a peut-être des gens dans les entours du gouvernement qui faisaient un peu trop de zèle".

"Cécile Duflot a fait une erreur"

Interrogé sur les déclarations de la ministre du Logement, Cécile Duflot, demandant des efforts à l'Eglise catholique pour l'hébergement des sans-abri, André Vingt-Trois a assuré qu'il ne s'agissait pas de "cathophobie". "Elle a fait les choses comme elle pensait, elle a fait une erreur, c'est tout."

Soutien implicite à la manif anti-mariage des homos

Autre sujet de conflit avec le gouvernement : l'ouverture du mariage aux homosexuels, à laquelle l'Eglise catholique est opposée. "L'Eglise se sent concernée parce que l'instauration de cette loi, si elle est votée, va transformer le mode de vie de tous les concitoyens." Il ne devrait pas se rendre à la manifestation contre le mariage des homosexuels prévue le 13 janvier, mais il apporte à ce défilé un soutien implicite : "Je comprends très bien que des Français utilisent le moyen démocratique de la manifestation pour exprimer ce qu'ils pensent."

Vous êtes à nouveau en ligne