"C'est clairement un business" : au salon "Désir d'enfant", la frontière entre client et patient est parfois mince

Le ventre d\'une femme enceinte (photo d\'illustration).
Le ventre d'une femme enceinte (photo d'illustration). (REMI WAFFLART / MAXPPP)

Ce salon propose des conférences et des stands offrant une solution aux couples hétérosexuels, homosexuels ou aux femmes seules qui souhaitent avoir un enfant mais qui ne peuvent pas. Mais forcément, ces méthodes ont un prix.

Comment faire un enfant quand le processus naturel n'est pas possible ? Le salon "Désir d'enfant" à Paris tente de répondre à ces questions. Il se termine dimanche 6 septembre dans le 17e arrondissement. Dans ce salon, les stands se distinguent par leur nationalité. Espagne d'un côté, Canada de l'autre, et derrière les pupitres des représentants de cliniques étrangères qui proposent des solutions encore illégales en France comme la gestation pour autrui (GPA) par exemple.

Valentine, âgée de 42 ans est venue seule prendre des renseignements : "À la suite de pas mal de galères amoureuses, je me trouve à plus de 40 ans à vouloir fonder une famille sans avoir trouvé le papa. Du coup, je suis ici pour m’aider dans ma réflexion, rencontrer des personnes qui sont issues du don. Ils sont très empathiques mais clairement, c’est un business."

Un business, le mot est lâché très rapidement par cette Parisienne et il est facile de le vérifier côté exposants. "Maintenant, nous aimerions aussi nous ouvrir à la clientèle française", lâche Julie qui représente une clinique basée en République tchèque. Mais quand on lui fait remarquer qu’elle parle de clients et non pas de patients, elle se rattrape : "Vous avez raison ce sont finalement des patients."

"Des sommes importantes"

Le coût est parfois très important, il peut attendre les 100 000 euros, selon les besoins. Une somme qui a surpris Cédric et Myriam sur le stand d'une clinique canadienne. Madame souffre d'endométriose et le couple veux donc tenter une GPA à l'étranger. "Ça nécessite réflexion, ce sont des sommes importantes, explique Cédric. On va voir ce qu’on peut faire."

Le prix peut paraître aberrant, mais la motivation est là. Maintenant, c’est une question de possibilités.Cédric

À peine partis, un autre couple vient se renseigner. "Quel accompagnement vous faites ?", demandent Emmanuel et Yann qui veulent devenir papas. "Je ne vais pas aller à la banque et dire : 'Bonjour monsieur, Je veux faire un enfant. Est-ce que vous pouvez me financer ?'", lance l’un d’eux. Là aussi, la question de l'argent revient, incontournable. "La GPA est illégale en France et donc, il est illégal de faire un emprunt pour une GPA, explique le couple. Les seules propositions des banquiers en France sont des prêts à la consommation".

"Certains banquier sont plus ouverts que d’autres sur la question et arrivent à trouver des solutions", ajoute-t-il mais nous n’en saurons pas plus parce que les choses ne sont pas toujours autorisées en France. C'est justement ce que regrette Valentine, célibataire à 42 ans, Cédric et Myriam qui font face à la maladie et puis Emmanuel et Yann le couple homosexuel. Trois situations différentes et tous contraints de contourner la loi par moments pour fonder une famille.

Au salon "Désir d'enfant", la frontière entre client et patient est parfois mince - Le reportage de Nina Valette
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