VIDEO. Manifestation contre la "haine anti-flics" : une voiture de police incendiée à Paris

YANN THOMSON/FRANCETV INFO

Le parquet de Paris a annoncé qu'une enquête pour tentative d'homicide volontaire avait été ouverte. 

"C'est une violence rarement atteinte, extrêmement choquante, c'est un signal d'alerte", a déclaré le préfet de police de Paris, Michel Cadot. Une voiture de police a été incendiée, mercredi 18 mai vers 12h30, par des contre-manifestants, quai de Valmy, à Paris, non loin du rassemblement contre la "haine anti-flics". Le véhicule, dans lequel se trouvait deux agents, a croisé 100 à 150 contre-manifestants qui se trouvaient là après avoir été repoussés de la place de la République. Une quinzaine d'entre eux ont alors frappé le véhicule à l'aide de barres de fer.

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Les assaillants ont ensuite jeté un objet par la lunette arrière, brisée après de multiples coups. Des témoins ont cru qu'il s'agissait d'un cocktail molotov. Mais L'Obs a montré, photos à l'appui, qu'il s'agissait d'un fumigène. Les policiers sont sortis à la hâte par leurs propres moyens, contrairement à ce qu'indique la préfecture, qui affirme à francetv info que les deux agents ont été extraits de force. La scène a été filmée par Russia Today (à partir de 56 minutes et 10 secondes).

La voiture a été complètement carbonisée et une pancarte en carton "Poulets rôtis, prix libre" déposée sur le sol à quelques mètres du véhicule. Selon Amina, témoin de la scène, "les jeunes étaient en colère, ils ont vu cette voiture, c'était comme agiter un chiffon rouge devant un taureau".

Un policier légèrement blessé

L'un des policiers, un adjoint de sécurité, a été conduit à l'hôpital pour des examens complémentaires. Sa collègue, gardienne de la paix, souffre de contusions, mais n'a pas été emmenée à l'hôpital. Tous deux appartiennent à la compagnie du périphérique de la direction de l'ordre public et de la circulation (DOPC).

Le parquet de Paris a annoncé, peu après, qu'une enquête pour "tentative d'homicide volontaire sur une personne dépositaire de l'autorité publique" avait été ouverte. "Nous avons un certain nombre d'éléments qui pourront conduire rapidement, j'espère, à un certain nombre d'identifications et d'interpellations", a indiqué le préfet de police.

Des rassemblements prévus dans 60 villes

Les syndicats policiers ont convié les agents, hors service et en civil, à des rassemblements statiques dans une soixantaine de villes ce mercredi. Le plus important a débuté sur la place de la République, à Paris, où se réunit chaque soir depuis fin mars le mouvement Nuit debout.

Signe des tensions actuelles : des groupes qui dénoncent les violences policières ont aussi appelé à manifester, mais la préfecture de police a interdit cette contre-manifestation du collectif Urgence, notre police assassine (UNPA), du fait, selon elle, de "risques importants de troubles graves à l'ordre public".

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