Suicide des policiers : "Parler des difficultés est compliqué, vous pouvez vous retrouver mis en retrait"

Stanislas Gaudon, le porte-parole du syndicat Alliance, réagit sur franceinfo à l'installation lundi d'une cellule de prévention contre le suicide des forces de l'ordre, alors que depuis le début de l'année, 26 policiers et deux gendarmes se sont donné la mort.

Une cellule de prévention contre le suicide va être installée lundi 29 avril, 15 jours après son annonce par Christophe Castaner. Depuis le début de l'année, 26 policiers et deux gendarmes se sont donné la mort. "C'est un métier difficile et parler des difficultés est compliqué. Quand vous parlez de vos difficultés vous pouvez vous retrouver un peu écarté, un peu à la marge, mis en retrait par rapport à (votre) métier", a expliqué lundi sur franceinfo Stanislas Gaudon, porte-parole du syndicat Alliance.

La cellule de prévention "ne résoudra pas toutes les difficultés et la problématique du suicide. C'est un outil mis à disposition à condition que la parole se libère", a insisté Stanislas Gaudon. "Il faut s'attaquer aux maux de ce fléau." L'annonce se fera sans les syndicats qui n'ont pas été consultés. 

Le ministère de l'Intérieur a dit qu'il nous recevrait après l'annonce de la création de la cellule. Nous voulons être un partenaire privilégié.

Stanislas Gaudon

à franceinfo

Le suremploi fait partie des causes du suicide des policiers. "Depuis quatre ans, les policiers ont répondu présent sur tous les fronts. C'est ce qui a débouché sur ce chiffre assez effarant des heures supplémentaires chez les policiers, 23 millions. C'est un symbole du suremploi opérationnel", a déclaré Stanislas Gaudon, qui a ajouté qu'il y a d'autres causes. "C'est lié aux conditions de vie et de travail, à ce management d'un autre temps." On compte 89 psychologues pour 140 000 policiers. "Il faut se poser la question des moyens qui sont alloués à la lutte contre le suicide dans la police nationale."

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