Promouvoir la convivialité pour lutter contre les suicides de policiers : "On est dans la philosophie là, on n'est pas dans la réalité" (syndicat)

Hommage aux policiers et policières suicidé(e)s. À Montpellier, le 19 avril 2019.
Hommage aux policiers et policières suicidé(e)s. À Montpellier, le 19 avril 2019. (RICHARD DE HULLESSEN / MAXPPP)

Pour prévenir les suicides, le directeur de la police nationale Éric Morvan a adressé une note réclamant davantage de "convivialité" au sein de la police. Une intention insuffisante selon le syndicat Unité SGP Police FO.

Alors que 31 policiers ont mis fin à leurs jours depuis le début de l’année, Eric Morvan, le directeur de la police nationale, a adressé une note datée du 27 mai à tous les directeurs de service dans laquelle il réclame plus de "convivialité". 

Dans cette note, le directeur de la police invite notamment les cadres à "organiser des temps collectifs de loisirs autour d'un barbecue, d'une sortie sportive ou d'un pique-nique" avec les familles des policiers.

Si on peut penser un seul instant, que de faire des barbecues et des pots, va solutionner le profond malaise dans la police nationale, on est dans la philosophie là, on n'est pas dans la réalité.Yves Lefèvre, secrétaire général du syndicat Unité SGP Police FOà franceinfo

Yves Lefèvre, secrétaire général du syndicat Unité SGP Police FO, a vivement réagi ce jeudi sur franceinfo et estime que les mesures proposées par le directeur de la police nationale ne sont pas suffisantes : "Ça fait partie des urgences, ça fait partie des mesures à prendre, mais ce n'est pas suffisant", a insisté le représentant du personnel qui "ne renie pas la bonne volonté du patron de la police". 

"Aujourd'hui, un flic a besoin d'un week-end sur deux de repos"

Pour Yves Lefèvre, ce dont a besoin un policier aujourd'hui, c'est "d'un week-end sur deux de repos et pas un week-end sur six, il aura le temps, à ce moment, de pique-niquer en famille. Le flic a besoin de retrouver du sens à son métier, il a besoin d'être protégé", a-t-il estimé, en faisant référence aux poursuites engagées contre les policiers ces derniers mois : "Les flics sont traduits devant des conseils de discipline, on est obligés de les désarmer parce qu'ils ont envie de se flinguer", a affirmé le syndicaliste. Pour lui, le directeur de la police nationale "a une volonté peut-être de mieux faire mais il faut analyser le mal à la racine et permettre aux flics d'être resocialiser et d'être protégés."

Des magistrats spécialisés, un management à revoir...

Yves Lefèvre propose de mettre en place "un pôle de magistrats spécialisés" qui "saura ce qu'est le métier de flic, ce qu'est la capacité de résilience d'un flic, le ressenti d'un flic quand il en a pris plein la gueule pendant des heures et des heures sur un maintien de l'ordre, des violences urbaines ou des interpellations."

D'après le représentant de SGP Police FO, il faut aussi "revoir l'outil managérial, la formation de ceux qui ont le pouvoir managérial", car "il y a un problème de management dans la police. On a des chefs de service qui sont excellents, mais on en a aussi qui sont pitoyables, mais ça c'est dans tous les corps."

Enfin, concernant la proposition de créer un réseau social dédié aux fonctionnaires de police, Yves Lefèvre rappelle que "les flics n'ont pas attendus la direction générale pour mettre en place des réseaux sociaux", faisant référence à un groupe Facebook.

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