Police de sécurité du quotidien : "Il faut abandonner la politique du chiffre et les primes qui vont avec", demande l'Unsa-police

Des policiers dans le quartier sensible des Tarterêts à Corbeille-Essonnes (Essonne). 
Des policiers dans le quartier sensible des Tarterêts à Corbeille-Essonnes (Essonne).  (MAXPPP)

Thierry Clair, le secrétaire national de l'Unsa-police, a dit jeudi sur franceinfo attendre beaucoup des annonces de Gérard Collomb. Le ministre de l'Intérieur doit dévoiler le contenu de la police de sécurité du quotidien, voulue par Emmanuel Macron.

Le ministre de l'Intérieur Gérard Collomb doit lever le voile sur la police de sécurité du quotidien jeudi 8 février à 15 heures. Thierry Clair le secrétaire national du syndicat Unsa-police a dit attendre, jeudi sur franceinfo, des "mesures concrètes" pour ce nouveau dispositif.

franceinfo : Quelle est la priorité pour vous ?

Thierry Clair : La priorité est de redonner du sens au travail du policier. La police ne va pas très bien depuis un certain nombre d'années, il faut abandonner la politique du chiffre et toutes les primes qui vont avec et simplifier la procédure pénale. Il y a un gros travail à ce niveau-là, cela fait des années qu'on complexifie la procédure.

Le ministre pointe la lourdeur de ce que l'on appelle les "tâches indues", le temps perdu en documents et procédures. Ce pourrait être un axe pertinent pour dégager des effectifs, des moyens et du temps ?

Oui, tout le monde est d'accord depuis un certain nombre d'années sur le discours. Maintenant, ce que nous attendons, ce sont des mesures concrètes. Il est vrai qu'il y a eu des engagements pris à ce niveau-là. Il y a des discussions en cours. Ce que nous voulons et ce que nous attendons, ce sont des procédures concrètes, notamment sur les tâches indues, sur les escortes de détenus, les gardes de détenus hospitalisés et la politique du chiffre. C'est-à-dire ne plus évaluer les fonctionnaires sur l'activité en terme de quantité, mais en terme de qualité de travail.

Estimez-vous avoir été écoutés pour bâtir cette police de sécurité du quotidien ? Le ministère fait valoir qu'il a envoyé un questionnaire auquel ont répondu 70 000 membres des forces de l'ordre.

Oui effectivement, nos collègues ont été sondés, un certain nombre a répondu à ce questionnaire. En ce qui concerne les annonces - que ce soit sur le questionnaire ou sur les propositions qu'on a formulés - les réponses nous seront données cet après-midi.

Cette police de sécurité du quotidien ne peut-elle pas se faire à moyens constants ?

Les moyens constants sont budgétaires d'une part, mais pas seulement. Quand on parle de politique du chiffre, ce n'est pas budgétaire. C'est simplement donner des critères d'évaluation qui ne sont plus sur la quantité, mais sur la qualité des affaires. Ensuite il y a des moyens matériels, des moyens de conditions de travail, de locaux de police qui ne sont pas adaptés et en très mauvais état.

Vous êtes à nouveau en ligne