"Ils sont vraiment dans la souffrance" : à Narbonne, la quasi-totalité des policiers nationaux sont en arrêt maladie

La quasi totalité des policiers nationaux de Narbonne (Aude) sont en arrêt maladie, mardi 26 septembre. Ici, lors d\'une manifestation à Toulouse en 2012.
La quasi totalité des policiers nationaux de Narbonne (Aude) sont en arrêt maladie, mardi 26 septembre. Ici, lors d'une manifestation à Toulouse en 2012. (MAXPPP)

Une grande majorité des policiers nationaux de Narbonne, dans l'Aude, sont en arrêt maladie. Les syndicats en profitent pour tirer le signal d'alarme et dénoncer leurs conditions de travail difficiles. 

Après les CRS, c'est au tour des policiers nationaux d'être en arrêt maladie. Ainsi, à Narbonne (Aude), la quasi-totalité des agents chargés de la sécurité de la voie publique (25 sur 27 policiers de terrain) sont arrêtés, mardi 26 septembre. Tous sont allés consulter un médecin et ont obtenu plusieurs jours de repos. Le syndicat Alliance en profite pour tirer le signal car, d'après lui, les policiers sont réellement en souffrance en raison de leurs conditions de travail. 

Souffrance psychologique et physique

Le syndicat Alliance se défend de toute concertation entre les policiers pour ces arrêts maladie simultanés. "Ce n'est pas une grève !", assure David Leyraud, secrétaire départemental du syndicat dans l'Aude. Pas question d'évoquer une "maladie diplomatique", comme cela a pu être le cas récemment chez les CRS. "Quand vous tirez sur la corde depuis des années, à un moment donné la corde lâche." D'après lui, le constat est alarmant. 

Les collègues sont fatigués. Pour certains, c'est psychologique, pour d'autres, c'est physique. Ils sont vraiment dans la souffrance.David Leyraud, secrétaire départemental d'Alliance police dans l'Audeà franceinfo

D'après le syndicat, cet épuisement résulte de la multiplication des missions ces trois dernières années et du rythme de travail (jusqu'à 50 heures certaines semaines). Alliance police espère que l'application de nouveaux horaires permettra de trouver une solution. "Leur rythme de travail ne leur procure qu'un week-end de repos sur six et il y a sur la table aujourd'hui un projet de rénovation des cycles de travail. Ils bénéficieraient ainsi d'un week-end sur deux", explique David Leyraud.

À cette réalité des rythmes de travail s'ajoute celle de locaux inadaptés et un manque d'effectifs. Deux policiers supplémentaires seraient nécessaires. Les demandes seront formulées au préfet de l'Aude prochainement.