Colère des policiers : Christophe Castaner s'engage à indemniser les forces de l'ordre pour leur "engagement exceptionnel"

Le ministre de l\'Intérieur Christophe Castaner et son secrétaire d\'Etat Laurent Nuñez saluent des policiers avant la manifestation des \"gilets jaunes\" à Paris le 15 décembre 2018.
Le ministre de l'Intérieur Christophe Castaner et son secrétaire d'Etat Laurent Nuñez saluent des policiers avant la manifestation des "gilets jaunes" à Paris le 15 décembre 2018. (MUSTAFA YALCIN / AFP)

Trois syndicats de policiers, qui ont appelé à des actions, seront reçus par le ministre de l'Intérieur mardi soir.

En première ligne face aux manifestations des "gilets jaunes" et à la menace terroristes, les policiers vont-ils se lancer dans un mouvement social ? Trois syndicats ont appelé à des actions et rencontreront le ministre de l'Intérieur Christophe Castaner mardi 18 décembre dans la soirée. Avant même cette rencontre, ce dernier a ouvert la porte à une possible rémunération ponctuelle des forces de l'ordre.

"Les policiers ne sont pas seulement en train de dire : 'On veut de l'argent'. Ils veulent des conditions de travail", a averti le ministre, mardi, en marge d'une cérémonie au Panthéon. "Personne n'a pensé qu'on achetait une colère avec de l'argent".

"Par contre, qu'on rémunère une action exceptionnelle, un engagement exceptionnel, oui. Ce sera le cas. J'en parlerai ce soir avec les partenaires sociaux. C'est un engagement pris et que nous tiendrons", a promis Christophe Castaner.

"Pas le droit d'avoir une dette" sur les heures supplémentaires

Le ministre de l'Intérieur a également évoqué le non-paiement des heures supplémentaires des policiers, l'un des principaux sujets soulevés par les syndicats. "L'Etat doit actuellement presque 275 millions d'euros à ses policiers au titre des heures supplémentaires – non pas de ces derniers mois ou de cette dernière année, mais depuis des dizaines d'années", a reconnu Christophe Castaner. "C'est un chantier que je veux ouvrir. Nous n'avons pas le droit d'avoir une dette de cet ordre-là."

Il n'a, en revanche, pas précisé de calendrier : "Je ne peux pas dire d'un claquement de doigts que je vais trouver 275 millions d'euros (...). Ça nous prendra un peu de temps, on ne trouve pas comme ça en quelques semaines un tel montant".

Trois syndicats appellent à des actions

Le syndicat Alliance a demandé "à tous les policiers de France de ne sortir que sur appel" mercredi, sous le mot d'ordre "fermons les commissariats", demandant de meilleures conditions de travail et de rémunération et protestant contre le projet de budget 2019. L'Unsa-Police a enjoint les policiers à se lancer dans un mouvement "service minimum - 100% prévention" dès mardi. Unité-SGP-FO a également lancé un appel à la mobilisation des policiers en plusieurs actes sur le modèle de la contestation des "gilets jaunes".

Ces trois syndicats seront reçus mardi soir, à partir de 18 heures, par le ministre de l'Intérieur Christophe Castaner et son secrétaire d'Etat Laurent Nuñez.

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