Projet de loi bioéthique : au centre de PMA de l'Institut mutualiste Montsouris à Paris, "on aide les gamètes à se rencontrer"

Une boîte dans laquelle est effectuée une fécondation in vitro, au centre PMA de l’Institut Mutualiste Montsouris, à Paris.
Une boîte dans laquelle est effectuée une fécondation in vitro, au centre PMA de l’Institut Mutualiste Montsouris, à Paris. (SOLENNE LE HEN / RADIO FRANCE)

Alors que le projet de loi de bioéthique est présenté, mercredi, en Conseil des ministres, franceinfo s'est rendu dans ce laboratoire qui permettra peut-être aux femmes seules et aux couples de femmes d'avoir des enfants.

"Voici le laboratoire de biologie de la reproduction". Le docteur Mehdi Dahoun, médecin biologiste de la reproduction, ouvre les portes des locaux du centre de fertilité, où "on va aider les gamètes à se rencontrer".

Le centre de procréation médicalement assistée (PMA) de l'Institut mutualiste Montsouris, à Paris, est le pemier centre de PMA accrédité à l'échelle nationale. Il permet aujourd'hui aux couples hétérosexuels d'avoir des enfants, par différentes techniques. Un laboratoire à taille humaine, où arrivent les gamètes des couples, c'est-à-dire les ovocytes et les spermatozoïdes, parfois issus de don.

Reportage de Solenne Le Hen
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Des pratiques pour aider à la procréation

Plusieurs pratiques cliniques et biologiques de procréation sont réalisées au sein du laboratoire. La plus simple est l'insémination artificielle pour les jeunes couples infertiles. "On réalise une préparation de sperme en laboratoire, explique le docteur Dahoun. La préparation de spermatozoïdes est injectée directement à l’intérieur de l’utérus, et donc la rencontre se fait théoriquement spontanément au sein de la trompe, dans le corps de la femme."

La seconde technique : la fécondation in vitro, réalisée dans une petite boîte. "Le principe de la fécondation in vitro est de réaliser une rencontre spontanée de gamètes au sein d’une boîte. Une quantité suffisante de spermatozoïdes est déposée autour de chaque ovocyte", explique-t-il. Dans une autre pièce, la boîte reste plusieurs jours au chaud dans un système d'incubateur permettant le développement embryonnaire.

"On force un petit peu la rencontre"

La dernière technique, l'injection intra-cytoplasmique de spermatozoïde (ICSI), est réalisée lorsque les spermatozoïdes de l'homme ne sont pas suffisamment nombreux ou mobiles. Les laborantins procèdent alors à l'injection d'un spermatozoïde directement à l'intérieur de l'ovocyte.

On va mettre un spermatozoïde à l’intérieur de l’ovocyte, à l'aide d'une aiguille. On force un petit peu la rencontre, si on peut expliquer les choses de cette manière-làDocteur Mehdi Dahounà franceinfo

L'embryon sera ensuite transféré dans le corps de la future maman. Les autres embryons du couple attendront dans la salle d'à côté, non plus au chaud, mais au froid, congelés dans des grosses bombonnes blanches, à -196 egrés.

Et si demain, les couples de femmes ou les femmes seules peuvent avoir accès à la PMA, qu’est ce qui va changer ? "La rencontre entre gamètes sera identique, elle ne changera pas", répond le médecin. "Quoi qu’il en soit, il faudra des spermatozoïdes pour pouvoir féconder des ovules. Le principe restera le même bien évidemment." Le seul vrai changement, c'est qu'à l'avenir, le laboratoire travaillera davantage avec des spermatozoïdes issus de don.

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