"Loi anti-casseurs": "On a le droit de parler, pas pour affaiblir le gouvernement, mais pour le rendre plus fort"

Jean-François Césarini, dans la salle des Quatre colonnes, à l\'Assemblée nationale, le 3 avril 2018.
Jean-François Césarini, dans la salle des Quatre colonnes, à l'Assemblée nationale, le 3 avril 2018. (AURELIEN MORISSARD / MAXPPP)

Le député LREM du Vaucluse Jean-François Cesarini s'est abstenu lors du vote mardi en première lecture de la "loi anti-casseurs". Sur franceinfo, il assure qu'il n'y a "pas de fracture" au sein du groupe majoritaire.

Jean-François Cesarini, député LREM du Vaucluse, qui fait partie des 50 marcheurs qui se sont abstenus lors du vote en première lecture de la "loi anti-casseurs", a estimé mercredi 6 février sur franceinfo que "la diversité était la force" de la majorité. Il assure qu'il n'y a pas de "fracture" au sein du groupe et estime que les députés ont "le droit de parler, non pas pour affaiblir le gouvernement, mais pour le rendre plus fort."

franceinfo : Etes-vous des frondeurs ?

Jean-François Cesarini : On ne se considère pas comme des frondeurs. C'est même tout l'inverse. Les frondeurs de François Hollande étaient des gens qui avaient un problème sur le fond idéologique avec Hollande. On n'est pas là-dessus. On est presque des puristes. La plupart de ceux qui se sont abstenus hier, ce sont d’anciens socialistes ou des gens qui viennent de territoires éloignés de métropole. Il faut regarder la sociologie des cinquante, elle est très parlante. On a suivi Emmanuel Macron parce qu'on voyait là une sorte de rénovation de la social-démocratie. Quand il y a une forme de dérive ou quelque chose qui semble aller vers quelque chose de libéral ou de sécuritaire un peu trop fort, alors on essaye de tirer la sonnette d'alarme pour dire : "Attention ce n'était pas la promesse de départ".

Peut-on parler de scission dans la majorité ?

Il y avait et de la gauche et de la droite dans ce groupe-là. Il est important que la sensibilité de gauche se fasse attendre. Il n'y a pas de fracture. Pendant un an et demi, on a entendu des journalistes et des gens nous dire vous êtes des godillots, et d'un coup on serait des frondeurs. Ce sont deux cases un peu restrictives pour des députés. On ne pourrait être que godillots ou frondeurs, la réalité est beaucoup plus compliquée que cela et beaucoup plus nuancée que cela.

D'autres oppositions apparaissent sur l'ISF notamment. Cela ne commence pas à faire beaucoup ?

La diversité est la force de cette majorité alors qu'on a essayé de nous dire que ce serait l'unité qui serait la force de la majorité (...) On pense que toutes les idées qui ont été portées par les "gilets jaunes" l'étaient déjà par des députés à qui on a dit chut ! Que ce soit sur la CSG et les petites retraites, l'ISF, que ce soit sur les 80 km/h, sur les APL. Des députés de la majorité, on dit attention, là on va trop loin, la méthode n'est pas bonne. On leur a dit :"Taisez-vous, vous êtes en train de fragiliser le gouvernement !" Finalement parce que les rues se sont mises à brûler, on est en train de revenir sur ces mesures-là. Il faut mieux écouter sa majorité que des rues qui brûlent. On a le droit de parler, non pas pour affaiblir le gouvernement, mais pour le rendre plus fort.

L'article 2 qui prévoit la possibilité d'interdire à une personne qui représente une menace de manifester rassemble beaucoup d'oppositions. Si cet article n'est pas modifié, qu'est-ce qui se passe ?

J'espère que l'article 2 va changer pour qu'on puisse tous voter pour. Sinon, il y a des chances pour que beaucoup d'autres s'abstiennent encore.

Vous êtes à nouveau en ligne