VIDEO. Chants homophobes dans les stades : "Il faut être réaliste, les gens pensent que c'est du folklore"

FRANCEINFO

Après les propos de la présidente de la Ligue de football professionnel, franceinfo a interrogé Yoann Lemaire, footballeur amateur dans les Ardennes, et président de l'association Foot ensemble, qui milite contre l'homophobie dans le football.

"Pour beaucoup de supporters, ça fait partie du folklore. Ils n'ont pas forcément l'impression de blesser, ce n'est pas pour ça que ce n'est pas grave." C'est en ces termes que Nathalie Boy de la Tour, présidente de la Ligue de football professionnel, a parlé, lundi 25 mars, des chants homophobes entonnés lors des matchs en France. Elle a tenu ces propos après que la ministre des Sports a réclamé des pénalités pour les stades où sont entonnés ces chants.

Pour mieux comprendre la situation, franceinfo a interrogé Yoann Lemaire, footballeur amateur dans les Ardennes, et président de l'association Foot ensemble, "qui ouvre le débat sur l'homosexualité dans le football". "Il faut être réaliste, les gens pensent que c'est du folklore", tranche celui qui a tourné avec Michel Royer le documentaire Footballeur et homo : l'un n'empêche pas l'autre, qui sera prochainement diffusé sur France 2.

Pour les besoins de ce documentaire, ils sont allés à la rencontre de supporters afin d'avoir des explications. "Mais non, on n'est pas homophobes. On chante ça parce que c'est marrant", ont répondu, en substance, les fans interrogés.

Comme ils sont dans un groupe, ils sont 100, 200, 500, ils ont l’impression, ensemble, de se faire rire, de se motiver, de décrocher le cerveau.

Yoann Lemaire, président de Foot ensemble

à franceinfo

Mais, pour Yoann Lemaire, la discussion laisse entrevoir "des choses à faire positivement". Et selon lui, il ne suffit pas "de dire 'on les punit, on leur tape dessus et on les fait passer pour des cons' parce que c'est pas des cons".

"L'exemplarité des stars"

Ainsi, la première chose importante à faire est d'abord d'"ouvrir le débat", de "sensibiliser". "Après il faudra passer d'autres étapes, aller de plus en plus en loin jusqu'au jour où il n'y en aura plus", estime-t-il. Et de relativiser : "Bon, on peut toujours rêver, mais il faut l'espérer."

Le plus important, d'après Yoann Lemaire, réside dans "l'exemplarité des stars". "C'est inadmissible", lance-t-il en parlant du footballeur Patrice Evra qui a traité les Parisiens de "pédés" après l'élimination du PSG de la Ligue des champions. "Moi, je suis rien, mais quand Antoine Griezmann, qui sera dans notre documentaire, parle d'homosexualité, pour les jeunes, c'est primordial et c'est hyper important", juge Yoann Lemaire.

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