VIDEO. "Je ne baisserai jamais les yeux", témoigne Sofiane, victime d'une agression homophobe à Paris

RADIO FRANCE / FRANCE INFO

Cet étudiant de 21 ans a été giflé et frappé dimanche 14 octobre dans le 15e arrondissement parce qu'il est homosexuel.

SOS homophobie organise dimanche 21 octobre à 17 heures une manifestation pour dénoncer les violences homophobes, place de la République à Paris, alors que plusieurs agressions homophobes ont eu lieu dans la capitale ces derniers jours.

Sofiane - il s'agit d'un prénom d'emprunt - en a été victime dimanche 14 octobre. Cet étudiant de 21 ans s'est fait violemment agresser en descendant d'un bus de nuit dans le 15e arrondissement. Il a publié les photos de ses blessures sur son compte Twitter.

Sofiane se trouvait dans le bus avec un ami, vers 3 heures du matin, lorsqu'un groupe de cinq personnes est venu s'asseoir à côté d'eux. Deux garçons mineurs, alcoolisés, insultent alors l'étudiant : "Ouais c'est un pédé"

"J'étais maquillé", raconte Sofiane. "Je fixe celui qui a dit que j'étais un pédé. Je pense qu'il s'attendait à ce que je baisse le regard, mais je l'ai fixé. C'est parti en insultes, 'sale pédé, va sucer des bites'".

Des policiers arrivent très vite

Sofiane et son ami descendent du bus. "Il y en a qui me rattrape et qui me donne une gifle", poursuit-il. "Mes lunettes se propulsent je ne sais où. Il a réussi à me mettre au sol, il m'a donné des coups de pied et des coups de poing. Il disait 'je vais le tuer'".

Des policiers arrivent très vite sur place et font une proposition à Sofiane : "Ils m'ont dit soit vous portez plainte demain, soit vous essayez de trouver une solution à l'amiable, pour qu'ils réparent vos lunettes", déclare le jeune homme. "Le lendemain, je me suis dit je vais porter plainte pour agression homophobe. Le premier policier auprès de qui j'ai porté plainte n'a pas écrit sur le PV  'agression homophobe', cela a été corrigé depuis." 

Sofiane raconte son histoire sur Twitter. "J'ai reçu énormément de soutien, mais j'ai reçu énormément de haine aussi", raconte l'étudiant. "Des gens qui disaient qu'ils auraient dû frapper plus fort, qu'on devrait leur donner une médaille." 

 "Je ne baisserai jamais les yeux, il faut être le plus fier d'être qui on est", déclare Sofiane. Le jeune homme s'adresse aussi aux politiques : "Ils doivent absolument agir d'urgence pour faire cesser tout ça."

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