Les Québécois se mobilisent sur Internet contre la hausse des droits de scolarité

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Les étudiants et plus largement la société québécoise sont mobilisés depuis plus de trois mois contre le projet du gouvernement de la province d'augmenter les droits de scolarité à l'université. Trois mois de manifestations, avec le web comme nouveau terrain de mobilisation.

Pour la 33e "manifestation nocturne"  d'hier soir, les Québécois se rencontrent et s'organisent d'abord sur Internet et les réseaux sociaux. Courroie de transmission entre associations étudiantes et leurs adhérents, ils servent aussi et surtout à faire passer le message des manifestants auprès du reste de la population et à décortiquer le discours du gouvernement. Les grévistes sont aidés en cela par La Boîte rouge, un média étudiant qui fournit aux organisations syndicales des vidéos de promotion du mouvement.

Beaucoup de choses ont évolué depuis le dernier mouvement étudiant de 2005 au Québec. Pour Martine Desjardins, présidente de la Fédération universitaire du Québec (FEUQ), la mobilisation sur le web est aussi importante que dans la rue :

"Les communications, c'est non seulement important, mais c'est crucial dans cette campagne-là. Ce n'est pas juste un site Internet que cela nécessite maintenant, ça prend un compte Twitter, ça prend un compte Facebook aussi."

Même analyse du côté de la CLASSE (Coalition large de l'association pour une solidarité syndicale étudiante), explique son délégué aux médias sociaux, qui peut ainsi "sauter la case" de l'exécutif national : "Cela permet aussi de faire passer le discours des étudiants directement auprès de la population, sans avoir recours à un porte-parole."

Mobilisation en direct

"Vraiment, ça ne coûte pas cher. D'ailleurs, les personnes qui le font sont principalement des exécutants, donc c'est leur travail comme exécutant national de faire cela" , indique la présidente de la FEUQ. Ainsi, sur le terrain, ils continuent de relayer l'information. Sur Twitter en pleine manifestation, il suffit de jeter un œil sur ou pour avoir un aperçu de ce qu'il se passe dans la rue.

L'instantanéité permet de contourner les dispositions de la "loi spéciale 78" votée il y a quelques semaines. Cette loi impose aux manifestants de déposer le parcours de leur défilé à l'avance, sans quoi la manifestation est déclarée illégale.

Par ailleurs, plusieurs recours judiciaires auprès de la Cour municipale de Montréal sont en cours contre cette loi, que les étudiants accusent d'être contraire à la liberté de manifester.

Site contre site

À côté de la mobilisation dans la rue, sur les réseaux sociaux, les opposants à la hausse des droits de scolarité détournent les sites officiels. Ainsi, le gouvernement québécois a dépensé 50.000 dollars canadiens (soit environ 40.000 euros) pour lancer des sites pédagogiques afin d'expliquer la hausse.

En réaction à la création de ce droitsdescolarité.com, les étudiants opposés au projet ont lancé "en l'espace de 48 heures, une copie conforme  [droitsdescolarité.ca] avec des chiffres différents et un argumentaire différent" , pour contrecarrer l'initiative du gouvernement, indique Martine Desjardins.

Contrairement à l'État, les grévistes n'ont eu à dépenser que quelques "piastres" , car "les étudiants qui travaillent là-dessus sont bénévoles" , explique la présidente de la FEUQ. Dans la mobilisation contre la loi spéciale ou le projet de hausse des droits de scolarité, elle se réjouit : "Les étudiants sont imbattables en ce qui a trait aux médias sociaux et à Internet."

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