Le nombre d'actes antisémites et racistes a diminué en 2016 en France, selon une étude

Un homme efface des tags racistes sur la mosquée de Perpignan (Pyrénées-Orientales), le 8 janvier 2016.
Un homme efface des tags racistes sur la mosquée de Perpignan (Pyrénées-Orientales), le 8 janvier 2016. (MAXPPP)

La tolérance a progressé dans l'opinion, selon un rapport de la Commission nationale consultative des droits de l'homme, présenté jeudi.

Le nombre d'actes racistes et antisémites a diminué en 2016, et la tolérance a progressé dans l'opinion, "malgré un contexte d'apparence propice au rejet de l'autre" notamment marqué par le terrorisme islamiste et l'arrivée de réfugiés, selon un rapport de la CNCDH présenté, jeudi 30 mars.

Pour établir cet état des lieux annuel, la Commission nationale consultative des droits de l'homme s'appuie sur les chiffres des ministères de l'Intérieur et de la Justice et élabore son propre baromètre sur l'état de l'opinion, réalisé cette année du 17 au 24 octobre 2016 par l'institut Ipsos.

Des évaluations faites à partir de données officielles

En moyenne, les policiers et gendarmes enregistrent, chaque mois, près de 800 plaintes portant sur des infractions commises "en raison de la race, de l'origine, de l'ethnie ou de la religion". Les données du Service statistique ministériel de la sécurité intérieure (SSMI) "marquent une baisse significative pour l'année 2016".

Selon les chiffres du Service central du renseignement territorial (SCRT), les "actions" et "menaces" à caractère antisémite, antimusulman et autres ont baissé de 44,69 % en 2016 (1 125 actes en 2016, contre 2 034 en 2015).

Dans le détail, les actes antimusulmans ont diminué de 57,6 % en 2016 (182 actes) par rapport à 2015, "évolution qui doit être mise en perspective avec le niveau particulièrement élevé d'actes recensés en 2015" à la suite des attentats islamistes de janvier et novembre; et les actes antisémites ont reculé de 58,5 % en 2016 (335 actes contre 808 en 2015), une baisse "notamment due aux dispositifs de protection mis en place par les pouvoirs publics dans le cadre du plan Vigipirate".

Les Roms et gens du voyage sont "les plus rejetés"

Cependant, "en matière de chiffres, on ne mesure que l'écume des choses", remarque la présidente de la CNCDH, Christine Lazerges, interrogée par l'AFP. "On estime que seuls 6% des injures racistes seraient signalés aux autorités et 3% seulement seraient enregistrés au titre de plaintes", indique le rapport.

"Les juifs, les Noirs et les Asiatiques restent les minorités les mieux acceptées, les musulmans les moins acceptés, à l'exception des Roms et des gens du voyage, de très loin les plus rejetés", compare la CNCDH.

Plus d'un sondé sur deux (54%) pense que les Roms ne veulent pas s'intégrer. Toutefois, les sondés étaient 77% à partager cette opinion en décembre 2014. Selon l'institution, "on commence, depuis quelques années, à parler moins des Roms, mais à en parler mieux" et l'action des associations qui les défendent "commence manifestement à porter ses fruits".

Comptabiliser les contrôles d'identité

"Les préjugés et attitudes racistes sont toutefois loin d'avoir disparu", indique l'institution de promotion et de protection des droits de l'homme, qui regroupe 64 personnalités et représentants d'organisations issues de la société civile.

Parmi ses recommandations, la Commission insiste sur la nécessité de comptabiliser les contrôles d'identité et de développer les enquêtes de victimation –les faits de délinquance dont une personne se dit victime– "pour savoir vraiment ce qu'il se passe" et de former et d'éduquer les enfants "dès la maternelle", explique Christine Lazerges.