La conduite accompagnée dès 15 ans, c'est maintenant possible

(La conduite accompagnée améliore le taux de réussite à l'examen de 20 % par rapport à l'apprentissage classique. © MaxPPP)

A partir d'aujourd'hui, l’âge minimum pour l’inscription à la conduite accompagnée est avancé d’un an. Il passe de 16 à 15 ans. L'objectif du gouvernement est clair : réduire le coût et le temps d'obtention du fameux papier rose.

Dévoilée vendredi soir par le ministère de l'Intérieur,  cette petite révolution va permettre aux jeunes un passage anticipé du permis de conduire à 17 ans et demi. Mais ces nouveaux récipiendaires du papier rose devront attendre le premier jour de leur majorité pour prendre le volant seul.

Avec ce décret, le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve approfondit sa refonte du permis de conduire démarrée en juin dernier. "Avancer d'un an l'accès à la conduite accompagnée offre aux candidats et à leurs accompagnateurs davantage de temps pour réaliser les 3000 km à parcourir pour être éligible à l'examen du permis de conduire" , estime le ministère. L'objectif de Bernard Cazeneuve est fixé : faire passer le nombre de jeunes en conduite accompagnée de 30 à 50% d'ici trois ans. 

Gagner du temps et de l'argent

Ce décret est aussi un moyen de désengorger les salles d'examens et de réduire l'attente des candidats avant d'être (re)présenté aux épreuves du permis de conduire. Le délai est en moyenne de 98 jours mais peut, selon les régions, monter à 138 jours en région parisienne.

Passer par la conduite accompagnée améliore les chances d'un jeune de réussir l'examen au premier essai. Sept candidats sur dix passés par cette méthode obtiennent leur permis du premier coup, contre cinq candidats sur dix par la voie traditionnelle. 

Ce gain de temps entraîne une réduction du coût total de l'obtention du permis de près de 500 euros, car il y a moins d'heures de conduite à prendre en auto-école. Les jeunes conducteurs sont aguerris par l'expérience de la route faite en famille. L'examen coûte en moyenne 1500 euros, mais ce prix peut augmenter de manière exponentielle en cas d'échecs répétés à l'examen. Cette dépense conséquente est un frein pour de nombreux jeunes à s'inscrire dans une auto-école.

Pourtant, le ministre de l'Intérieur le souligne : "Pour les jeunes de France, le permis de conduire est le plus souvent un permis de travail " . Dans un pays où le taux de chômage des moins de 25 ans culmine à près de 23%, un tel décret n'est pas si anecdotique.

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