L'Institut Pasteur épinglé pour sa gestion

La directrice générale de l\'Institut Pasteur, Alice Dautry, le 16 septembre 2010 à Paris.
La directrice générale de l'Institut Pasteur, Alice Dautry, le 16 septembre 2010 à Paris. (PIERRE VERDY / AFP)

Un rapport de l'Igas pointe des abus de confiance au préjudice des donateurs, et des recours à des artifices comptables.

Que fait l'Institut Pasteur de l'argent de ses donateurs ? L'Inspection générale des affaires sociales (Igas) dénonce, dans un rapport révélé vendredi 3 mai par Le Figaro, la gestion de l'institut. Créée en 1887, la fondation pour la recherche, qui œuvre à la prévention et au traitement des maladies, en priorité infectieuses, recueille 50 millions d'euros par an et dispose d'un patrimoine estimé à près d'un milliard d'euros, précise le quotidien.

En pointant un manquement à son obligation de transparence sur l'utilisation des fonds collectés, le rapport fragilise le lien de confiance qui unit l'Institut Pasteur à ses nombreux donateurs. Les rapporteurs, Béatrice Buguet et André Bernay, pointent, selon le journal, trois irrégularités, que liste francetv info. La directrice générale de l'Institut, Alice Dautry, conteste, quant à elle, "formellement" les conclusions de ce rapport qu'elle juge "erroné et malveillant".

 Des abus de confiance ? 

Les auteurs du rapport de l'Igas pointent des abus de confiance au préjudice des donateurs : "Une partie importante des dons et legs est affectée aux fonds propres et en nourrit la croissance, au lieu d'être affectée immédiatement aux équipes de recherche, comme la communication de la fondation l'affirme aux donateurs", écrivent-ils.

La réponse de l'Institut. "Très en colère et profondément blessée" par ses conclusions, Alice Dautry a démenti ses accusations, assurant que "tout l'argent que l'Institut collecte va à la recherche", tandis que certains legs importants "sont placés, ce qui permet d'assurer le financement des projets de recherche à long terme".

Des recours à des artifices comptables ?

Par ailleurs, selon l'Igas, le déficit structurel affiché par l'Institut Pasteur est le fruit d'une "présentation artificielle" de ses résultats comptables, qui consiste à amputer son bilan annuel d'une partie des recettes. Tout en présentant un résultat annuel négatif de 25,5 millions d'euros en 2011, l'Institut aurait augmenté ses fonds propres de 15 millions d'euros, poursuit le rapport. "La gestion de ces placements doit être plus encadrée et moins risquée", dit le document, estimant que ces sommes sont trop exposées aux risques financiers. 

La réponse de l'Institut. "Nos comptes sont publics et contrôlés par un commissaire aux comptes", se défend Alice Dautry. Elle assure que "le résultat est (...) à l'équilibre". 

Une concentration excessive des pouvoirs ? 

Enfin, la réforme des statuts, intervenue en 2008, fait aussi l'objet de critiques, car il apparaît, selon le texte, que la directrice générale de l'Institut  détient "un pouvoir très important", gagné au détriment du conseil d'administration.

La réponse de l'Institut. Pour l'intéressée, qui s'explique dans Le Figaro, "cela aussi est absolument faux". Et de rappeler : "D'ailleurs, je ne suis pas intervenue dans la réforme des statuts."

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