L'extrême droite pour tous

(Richard Place Radio France)

Comme chaque année, les groupuscules d'extrême droite ont rendu hommage à Jeanne d'Arc dimanche. De petits rassemblements qui veillent à ne pas se croiser. Il existe des tensions entre ces différents mouvements. Pourtant, ils se retrouvent autour d'un thème commun actuellement : la contestation du mariage pour tous. Un combat qui les renforce selon leurs leaders.

Action Française se revendique royaliste. Olivier Perceval, son secrétaire général, affirme : "Frigide Bajot a lancé un mouvement dans une logique totale de légalité, ce qui avait du sens au départ. Il faut maintenant qu'elle admette que l'on passe dans la transgression. Jusqu'où reste-t-on dans la stricte légalité, étant donné que nous sommes traités comme des parias ? "

Les Jeunesses Nationalistes ont été fondées par Alexandre Gabriac. Ce jeune homme est conseiller régional en Rhônes-Alpes. Il a été exclu du Front National pour avoir été pris en photo alors qu'il faisait un salut nazi. "Les manifestants contre le mariage homo sont aussi contre l'Etat en général, on le voit dans les manifestations ", affirme-t-il. "Pour notre mouvement, c'est donc une fenêtre de tir qui s'ouvre. Nous sommes déterminés. Si nous estimons devoir aller quelque part, personne ne peut nous en empêcher. Ce n'est pas Valls, pas Taubira, pas le préfet de police de Paris qui nous empêcherons d'y aller ".

C'est sous leur nez que les Femen ont déployé leur banderole dimanche. Seins nus, sur un balcon inaccessible du 4e étage, elles ont nargué ces militants particulièrement énervés par la situation. Ils ont crié plusieurs fois "Les Femen au bûcher ! ". Un cordon de police a protégé l'évacuation des jeunes militantes. "Ca montre bien le clivage qu'il y a entre Jeanne d'Arc d'un côté, cet idéal de la France traditionnelle chrétienne, et de l'autre ce qu'il y a de pire, ces filles qui sont des prostituées puisqu'elles sont payées pour se mettre à poil ".

Des durs, des tatoués. Troisième voie se présente comme un mouvement nationaliste – révolutionnaire. Leur cortège est dirigé de façon quasi militaire. Leur service d'ordre, crâne rasé, T-Shirt noir, chaussures noires, est particulièrement dissuasif. "La contestation du mariage gay, c'est la partie émergée de l'iceberg, c'est un ras le bol ", déclare Serge Ayoub, le président de troisième voie. "Ni droite, ni gauche, nous pensons qu'il faut une révolution qui passera par la grève générale. C'est pour cette raison que nous demandons à nos militants de rentrer en masse dans les syndicats ". 

Dans les différents cortèges, on croisait dimanche des casseurs de la manifestation contre le mariage pour tous. De jeunes gens qui avaient défié les forces de l'ordre et frappé certains journalistes, il y a trois semaines alors que le rassemblement était terminé. Ces militants d'extrême droite affirment leur volonté de répondre à l'appel d'une nouvelle manifestation contre la loi Taubira le 26 Mai prochain, à Paris.