"Policier kung-fu" : jusqu'à huit ans de prison requis contre les agresseurs présumés

Des policiers montent la garde devant le tribunal correctionnel de Paris, vendredi 22 septembre 2017. Neuf prévenus étaient jugés pour avoir frappé un policier et mis le feu à son véhicule en mai 2016.
Des policiers montent la garde devant le tribunal correctionnel de Paris, vendredi 22 septembre 2017. Neuf prévenus étaient jugés pour avoir frappé un policier et mis le feu à son véhicule en mai 2016. (LIONEL BONAVENTURE / AFP)

Les images de la scène, au cours de laquelle un agent a fait face, à mains nues, à un homme qui lui assènait des coups de barre de fer, avaient fait le tour du monde en 2016.

Les réquisitions sont tombées. Le parquet a demandé, vendredi 22 septembre, des peines allant de douze mois avec sursis à huit ans de prison contre les prévenus dans l'affaire de la voiture de police brûlée le 18 mai 2016 à Paris. Les images de la scène, au cours de laquelle un agent a fait face, à mains nues, à un homme qui lui assénait des coups de barre de fer, avaient fait le tour du monde.

Avant le réquisitoire, Kevin P., qui a gagné le surnom de "policier kung-fu", a voulu reprendre la parole. "C'est une torture pour moi de revoir les vidéos", a indiqué, très ému, ce gardien de la paix. Il a raconté avoir pensé à sa fille alors âgée de trois mois, et s'être dit : "J'aurais pu laisser une orpheline".

La réquisition la plus lourde a été à l'encontre de Joachim L. Citoyen suisse soupçonné d'avoir jeté le fumigène qui a embrasé la voiture de police, il ne s'est pas rendu au procès. Le parquet a requis huit années de prison assorties d'un mandat de dépôt à son encontre.

Une interdiction de territoire contre une Américaine

Militant "antifasciste" connu de la police, Antonin B. risque pour sa part cinq ans d'emprisonnement dont quatre ferme, assortie d'une interdiction de manifester durant trois ans. Il est soupçonné d'avoir frappé à coups de poing le policier lorsque ce dernier était au volant, avant de fracasser le pare-brise arrière du véhicule avec un plot métallique. Ce qu'il nie en bloc.

Nicolas F., âgé de 40 ans, a pour sa part reconnu avoir porté les coups envers le policier lorsque celui-ci est sorti du véhicule. Se décrivant comme "non-violent", et "républicain", il a déjà purgé 15 mois de détention provisoire et est placé sous bracelet électronique. Le procureur a requis contre lui cinq ans de prison, dont deux avec sursis, sans mandat de dépôt. Cette peine s'accompagnerait d'une interdiction de manifester pendant trois ans.

Contre Kara B. et contre Ari R., qui ont eux frappé le véhicule à coups de plot métallique, respectivement deux et quatre ans de prison ferme ont été requis. Le parquet a aussi demandé que Kara B., de nationalité américaine, soit interdite du territoire français.

Des audiences houleuses

Thomas R., né en 1997, a avoué avoir porté des "coups de pied à l'arrière de la voiture et dans la carrosserie sur le côté droit", et levé les bras au ciel au moment où la voiture de police s'embrasait. Le parquet a requis à son encontre une peine de trois ans d'emprisonnement dont deux avec sursis, sans mandat de dépôt, assortie d'une interdiction de manifester durant trois ans.

Contre Angel B., frère d'Antonin B., et deux autres prévenus, jugés pour avoir participé à un "groupement" formé en vue de commettre des violences, le ministère public a demandé une condamnation à douze mois de prison avec sursis et trois ans d'interdiction de manifester à Paris.

Depuis mardi, les audiences ont été houleuses. Les sympathisants d'extrême gauche qui accompagnaient les prévenus ont scandé, à l'extérieur de la salle : "Tout le monde déteste la justice !" ou "Flics violeurs assassins !" Des journalistes ont été pris à partie et menacés. Après le début des plaidoiries de la défense, jeudi après-midi, le tribunal a annoncé que l'audience reprendrait mercredi 27 septembre entre 9h30 et 13 heures. Le délibéré, prévu dans un premier temps le vendredi 29 septembre à 11 heures, sera rendu ultérieurement, selon des journalistes suivant le procès.