Violences à Trappes : condamnation du mari de la femme au niqab

(Michaël Khiri lors du premier procès, en novembre © MAXPPP)

En juillet 2013, le contrôle d'identité d'une femme intégralement voilée avait dégénéré, entraînant plusieurs nuits de violences. Le mari de cette femme vient d'être condamné à trois mois de prison avec sursis.

 Il s'était violemment interposé lors du contrôle d'identité de sa femme portant le niqab, en juillet 2013 à Trappes. L'incident avait provoqué plusieurs nuits de violences dans la ville des Yvelines.

Michaël Khiri a été condamné ce mardi à trois mois de prison avec sursis par la cour d'appel de Versailles. La condamnation, assortie d'une amende de 1.000 euros, confirme le jugement prononcé en première instance et correspond à ce qui avait été requis par le parquet. Le jeune homme, âgé de 22 ans, n'était pas présent pour entendre le délibéré. Il a été condamné pour "rébellion ", "outrages " et "violences sans ITT ", pour avoir notamment tenté d'étranger un policier.

Alors qu'il rentrait chez lui avec sa femme, leur bébé et sa belle-mère pour rompre le jeûne du ramadan, des policiers avaient "demandé à [sa] femme de relever son voile, sans un bonjour ni aucune courtoisie" , avait-il raconté à la télévision locale peu après les faits. Il aurait alors lancé à l'un des policiers : "Toi, tu touches pas à ma femme, fils de pute ". Le contrôle avait dégénéré, et Trappes avait été le lieu de plusieurs nuits de violences, au cours desquelles le commissariat de la ville avait notamment été pris d'assaut par plusieurs centaines de jeunes.

La Cour européenne des droits de l'Homme fait écho au jugement

Ce jugement intervient quelques heures après que la Cour européenne des droits de l'homme a rendu un avis favorable sur la loi d'octobre 2011 qui interdit en France le port du voile intégral. L'avocat des trois policiers parties civiles s'est réjoui de la décision de la cour d'appel de Versailles, qui trouve selon lui "un écho renforcé par la décision rendue ce jour par la CEDH ". Lors de son premier procès en septembre 2013, Michaël Khiri avait qualifié d'"illégitime " la loi interdisant le voile intégral.

En janvier, Cassandra Belin, épouse de Michaël Khiri, avait été condamnée à un mois de prison avec sursis et 150 euros d'amende pour le port du niqab. Mais d'autres suites judiciaires sont à attendre dans l'affaire des violences de Trappes : l'un des policiers ayant participé au contrôle d'identité est soupçonné d'avoir tenu sur Facebook des propos islamophobes. Le parquet de Versailles a requis le 26 mars son renvoi devant le tribunal correctionnel.