Un surendetté témoigne : "Quand vous êtes endetté vous êtes considéré comme un voleur et un bon à rien"

Chaque année 200 000 Français se retrouvent en situation de surendettement, seule la justice a le pouvoir d'effacer leur dette. 

Alain a acheté sa maison avec sa femme, il y a 12 ans. Depuis son divorce il essaie de la vendre sans y parvenir. Achetée 195 000 euros elle ne vaudrait plus que 80 000 euros. Dans la Nièvre, le travail manque et les acheteurs ne se bousculent pas. Malgé un emploi d'aide-soignant en CDI et un revenu de 1600 euros, Alain est incapable de faire face à toutes ses échéances et il a accumulé une dette de 294 000 euros. 

Maladie chômage, ou séparation un tiers des dossiers de surendettement sont déposés après un accident de vie. Il est alors difficile de rembourser un crédit immobilier mais on observe aussi que l'endettement à cause des dépenses du quotidien devient de plus en plus fréquent. 

La dégringolade de Céline débute en 2012 lorsqu'elle perd son emploi d'agent d'entretien. Au chômage, cette mère de deux enfants ne parvient plus à payer son loyer, elle accumule les dettes et se retrouve à la rue. Obligée de retourner vivre chez sa mère avec ses enfants, Céline s'emploie chaque jour à ne pas retomber dans l'engrenage du surendettement. Avec 726 euros de revenus par mois elle ne peut consacrer que 30 euros par semaine à l'achat de la nourriture. 

Quand les Français surendettés doivent en moyenne 42 000 euros, Céline a une dette de 8 000 euros et espère que le tribunal décidera de l'effacer. La Banque de France y est favorable mais une halte-garderie, à qui elle doit 100 euros 89, s'y oppose. La jeune femme se prépare à plaider sa bonne foi devant le juge. 

Deux jours par mois, au Tribunal de Caen, une vingtaine de personnes comparaissent devant le juge en charge des dossiers de surendettement. A la barre s'enchaînent les petits drames de la vie et les récits de galère, c'est un peu l'audience de la dernière chance. En France près d'un dossier sur deux de surendettement aboutit à un effacement de dette, soit 1,7 milliards d'euros chaque année. 

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