Un projet d'attentat déjoué contre la base navale de Toulon

(Le port militaire de Toulon ©maxPPP)

Un projet d'attentat visant la base militaire de Toulon a été déjoué à la fin du mois d'octobre. Le suspect, un Toulonnais de 25 ans n'avait pas encore de plan très précis. Il avait acheté un couteau et était suivi par la DGSI. "Il pouvait passer à l'acte à tout moment" selon le porte-parole du ministère de l'Intérieur.

Le suspect est un jeune Français de 25 ans, prénommé Akim et né à Toulon. Il a reconnu avoir un projet d’attentat contre des militaires de la base marine de sa ville natale. Un projet pour lequel il n'avait cependant pas encore de plan très précis, lorsque les policiers de la DGSI, la Direction Générale de la Sécurité Intérieure, l'ont interpellé le 29 octobre dernier.

Par deux fois le suspect tente de se rendre en Syrie

Les policiers du renseignement avaient ce terroriste présumé dans leur viseur depuis l'été 2014, période à laquelle le jeune homme soutenait publiquement les thèses djihadistes sur son compte Facebook. Peu après, il avait rompu avec sa famille. Puis il avait eu un comportement "bizarre" aux yeux des policiers qui avaient surtout établi des liens entre lui et un djihadiste français actuellement en Syrie. C’est d’ailleurs au contact de ce Français qu’Akim se serait radicalisé et aurait cherché à rejoindre à son tour les rangs de l’Etat Islamique, selon une source judiciaire.

A deux reprises, à la fin de l’année 2014, Akim a tenté de se rendre en Syrie, mais ses deux tentatives ont échoué. Et début 2015, il a fait l’objet d’une interdiction administrative de sortie de territoire. Sachant qu’il serait désormais quasi impossible pour lui de quitter la France, il décide alors de frapper sur le territoire français, poussé par son ami djihadiste de l’Etat Islamique. Mais on ne sait pas à ce stade de l’enquête si l’homme en Syrie peut être considéré comme un commanditaire.

Achat de couteau et de cagoules

Ce qui est certain, c’est que le jeune Akim a cherché à acquérir du matériel seul. Il a commandé un poignard et deux cagoules sur internet. Des achats qui n’ont pas échappé aux policiers de la DGSI. Lorsque les deux colis sont arrivés chez Akim, les policiers du renseignement ont estimé qu’il y avait le risque d’une "action violente". Et c’est à ce moment-là qu’ils ont procédé à l’interpellation, à Toulon.

Il s'agit "d'un individu dangereux qui pouvait passer à l'acte à tout moment, qui était bien avancé dans son projet terroriste" selon Pierre-Henri Brandet, le porte-parole du ministère de l'Intérieur
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Cette "arrestation témoigne de l’efficacité des services du ministère de l’Intérieur et de leur engagement dans la lutte antiterroriste", souligne ce soir le ministre de l’Intérieur. Il rappelle que la DGSI a procédé depuis 2013 à l’arrestation de 370 individus dans le radar du renseignement. Tous n’ont pas des projets d’attentat, comme le jeune Toulonnais arrêté fin octobre. Akim a été déféré au parquet antiterroriste de Paris le 2 novembre, et mis en examen par un juge antiterroriste pour association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste. Il est depuis écroué, dans l’attente de son procès.