UberPop s’installe à Marseille, Nantes et Strasbourg malgré la loi

(UberPop trace sa route dans trois villes supplémentaires, Nantes, Strarsbourg et Marseille © MaxPPP)

L'application de la société américaine, bête noire des taxis, ajoute trois villes françaises à son réseau de voitures avec chauffeur. Malgré les ennuis judiciaires, Uber trace sa route.

La société Uber passe à la vitesse supérieure, faisant fi de toutes les attaques et controverses.  Déjà présente dans six villes de France, l'entreprise américaine propose depuis ce matin son service UberPop à Marseille, Strasbourg et Nantes. L'application permet aux clients de trouver un chauffeur dans un fichier de particuliers utilisant leurs propres véhicules. Les taxis protestent mais l’entreprise américaine profite d’un vide juridique. 

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Des recours comme roue de secours

Si l'on en croit le ministère de l'Intérieur, Uber Pop est bien illégal en France. C’est oublier que l'entreprise américaine et maison-mère Uber ont déposé de nombreux recours. Quand une décision lui est défavorable, elle fait appel. Le temps judiciaire est de son côté et, la société continue à développer son application dans l’hexagone. Voilà qui fâche, le président de la Fédération nationale du taxi, Didier Hogrel. Il a vivement réagi sur France Info à cette extension d’UberPop dans trois villes supplémentaires.

"Les taxis de Marseille et de Nantes sont très mécontents" a-t-il déclaré appelant le gouvernement à sortir le panneau STOP.

"Le mouvement est en train d’échapper à toutes les organisations professionnelles. Cela risque fort de dégénérer si le gouvernement ne prend pas la décision courageuse d’interdire purement et simplement cette application".

Et le représentant des taxis de prédire des actions d’ampleur si rien ne bouge. 

"Cela risque fort de dégénérer si le gouvernement ne prend pas la décision d’interdire l’application" : Didier Hogrel, président de la Fédération nationale du taxi
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Manifestation à Marseille

Les chauffeurs de taxi marseillais ont d'ailleurs manifesté ce lundi. Une soixantaine d'entre eux a bloqué l'entrée de l'hôtel de ville, où avait lieu une réunion d'information et de recrutement UberPop. Les taxis ont demandé aux candidats de sortir.

A Marseille les chauffeurs de taxi protestent contre l'arrivée d'Uber. Le reportage d'Olivier Martocq pour France Info
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Le texte de référence, c’est la loi Thévenoud. Entrée en application en janvier 2015, elle encadre le rapport entre les taxis et les véhicules de tourisme avec chauffeur (VTC) mais les avocats d'Uber jouent sur l'ambiguïté de certaines expressions. En plus des recours multipliés en France, ils ont aussi saisi la Commission européenne, afin de contester plus globalement les interdictions en France, en Allemagne et en  Espagne.

Que risquent les clients et chauffeurs de VTC ?

Si l’on se réfère à la loi, les chauffeurs encourent jusqu'à 15.000 euros d'amende et un an de prison pour exercice illégal de la profession de taxi. Dans les faits, cependant, les peines sont moins lourdes. Certains chauffeurs de VTC font donc un calcul entre la somme des courses et la moyenne d’une amende. Et pour se faire moins repérer, d’autres appliquent le conseil de la société Uber, de faire monter le passagers de monter à l’avant du véhicule, à côté du chauffeur. Le client, lui, ne risque rien, si la voiture est malgré tout repérée, si ce n’est l’interruption de la course et donc du retard.

UberPop séduit

400.000 Français auraient déjà téléchargé l'application Uber. C'est ce qui pousse le directeur général d'UberPop en France, Alexandre Molla, à avancer ses pions. "C'est une magnifique opportunité pour le secteur du transport" dit-il. Sa théorie, c'est que de nombreux clients ne prenaient pas le taxi avant UberPop, mais qu'ils le feront peut être un jour.

"On fait grossir le gâteau du transport" : Alexandre Molla, directeur général d'UberPop en France
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Les chauffeurs potentiels se monteraient aussi intéressés. D'après les éléments recueillis par France Info, à Marseille où l'application UberPop est lancée ce lundi, une dizaine de chauffeurs seraient prêts à s’inscrire tandis que 500 particuliers se seraient déjà renseignés pour proposer leurs voitures et leurs services.

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