UberPOP : la police traque les chauffeurs particuliers

(Opération de contrôle des Boers à Strasbourg © MAXPPP)

L’application UberPOP attire de plus en plus de clients, suscitant la colère des taxis. Pourtant elle est interdite par la loi depuis le 1er janvier dernier. A Paris, la brigade de police des "Boers" traque les chauffeurs non professionnels. Reportage

On les appelle les "Boers". Un nom qui désigne la brigade de police chargée des contrôles des transports de personnes. En civil, ils inspectent les taxis, les VTC et les motos. Mais depuis le mois de janvier dernier, ils suivent aussi les chauffeurs non-professionnels d’UberPOP.

Une nuit avec les "Boers"

Ils sont 80 hommes et femmes à sillonner l’Ile de France nuit et jour. D’un regard, ils savent repérer les utilisateurs de l’application UberPOP. "Déjà, ils ont un smartphone à l’avant, explique Gaylord et Jérôme, deux agents "Boers". *Après, il y a les attitudes, on n’a pas les mêmes gestes avec la famille ou des clients."

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« Les professionnels connaissent bien Paris et n’hésitent pas »

 

Quand ils ont un doute, les deux policiers suivent discrètement le véhicule. Ce soir-là, à l'approche des Champs Elysées, les soupçons s'accumulent : "on voit deux passagers à l’arrière et seulement un conducteur à l’avant", détaille les agents. Ils sortent alors leur gyrophare et stoppent le chauffeur.

 

  • Qui sont les personnes que vous transportez ?
  • Des amis.
  • Vous les connaissez depuis quand ?
  • Cinq ou dix minutes...
  • Bon, on va arrêter de se mentir alors !

 

Pendant que l'un des policiers interroge le chauffeur particulier, le second fait monter les deux clients dans le véhicule de police pour leur poser quelques questions rapides. Le couple sait très bien qu’UberPOP est interdit, pourtant l'audition durera à peine quelques minutes, car les clients ne risquent rien.

 

Le reportage de Mathilde Lemaire
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Le chauffeur UberPOP interpellé

Très vite, on apprend que le jeune conducteur est technicien de maintenance. Depuis quatre mois, le soir après son travail ce père de famille fait donc le taxi. Ils sont 1.500 conducteurs comme lui à s'être lancés dans cette activité en France. "On a tous besoin d’argent et je ne pense pas voler l’argent de qui que ce soit. Ça me met du beurre dans les épinards et UberPOP c’est ce qu’attendent les clients."

Des procédures en justice de plus en plus nombreuses

 

Depuis janvier, rien qu'en Île de France 350 UberPOP  se sont retrouvés ainsi emmenés entre deux policiers au commissariat pour une audition ou une garde à vue. Jérôme, l'agent de police, veut croire que la pédagogie va finir par fonctionner. "Il faut que la personne comprenne l’infraction et ce qu’il faut pour être un vrai chauffeur, souligne-t-il. C’est trop dangereux sinon, car ils n’ont même pas d’assurance pour transporter des clients."

 

Après le commissariat, les dossiers sont transmis à la justice. Les chauffeurs non-professionnels encourent un an de prison et 15.000 euros d'amende. Une centaine de condamnations sont déjà tombées. Les récidivistes peuvent  voir leurs véhicules confisqués et leurs permis suspendus.

 

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