Tuerie de Bruxelles : Mehdi Nemmouche, une radicalisation en prison?

(Mehdi Nemmouche a notamment été incarcéré à Lille © MAXPPP)

L'auteur de la tuerie au musée juif de Bruxelles le 24 mai est donc très probablement un Français. Le procureur de Paris a fait état dimanche d'un "faisceau d'indices très fort". Et il a évoqué la radicalisation en prison de ce délinquant multirécidiviste qui est toujours, ce lundi matin, en garde à vue.

Condamné à sept reprises et incarcéré cinq fois, notamment à Lille et à Toulon, Mehdi Nemmouche "s'était illustré par son prosélytisme extrémiste et l'appel à la prière collective en promenade " a précisé ce dimanche le procureur de Paris François Molins. Il fréquentait "un groupe de détenus extrémistes radicaux et faisant des appels à la prière collective en promenade. Son radicalisme religieux avait été signalé par l'administration pénitentiaire aux services de renseignement. Toutefois son départ à l'étranger le 31 décembre 2012, soit trois semaines seulement après sa libération, a, de fait, entravé toute possibilité de surveillance puisque il ne se trouve plus dès lors sur le sol français."

 

Medhi Nemmouche a 19 ans lorsqu'il est condamné pour son premier délit,  un vol avec violence commis lorsqu'il était mineur. Les cinq années qui suivent, il va passer devant les tribunaux à six reprises, trois fois pour conduite sans permis, deux fois pour tentative de vol aggravé, et la dernière fois en mai 2009, pour le braquage d'une supérette à Tourcoing avec deux complices. Pour ce délit, il écope de deux ans de prison ferme, et tout le sursis de ses autres condamnations est révoqué. Il va donc passer au total trois ans et demi derrière les barreaux, dans le sud-est de la France. C'est là qu'il se serait donc auto-radicalisé, aux côtés d'un groupe de détenus islamistes radicaux.

 

"Je pense que la radicalisation s'est fait en prison parce que quand on l'a quitté il n'était pas comme ça du tout. Il ne parlait pas de la religion" a raconté sa tante à Alice Serrano.

02.06.2014 Son profil avec Alice Serrano
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De façon plus large, c'est un phénomène qui préoccupe l'administration pénitentiaire. Il existe une cellule de renseignement, avec des cadres de la pénitentiaire spécialement formés pour le recueil de ce type d'informations, les surveillants aussi sont mobilisés, ils signalent systématiquement lorsqu'ils observent des comportements qui changent Cela avait d'ailleurs été le cas pour Medhi Nemmouche, puisque l'administration pénitentiaire l'avait signalé à la direction générale de la sécurité intérieure. Mais pour Paul Adjedj, délégué CGT pénitentiaire pour la région PACA, l'endoctrinement en détention existe bel et bien, mais il est marginal :  "Il faut avoir l'honnêteté de dire que c''est un phénomène qui existe et qu'on ne peut pas nier et nous-même on en signale. Mais il ne faut pas non plus faire croire que ça y est, ils ont pris le pouvoir dans toutes les prisons et que toutes les prisons sont transformées en vastes mosquées".

 

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