VIDEO. "C'est honteux" : Marlène Schiappa fustige la venue de Tariq Ramadan à une conférence sur les violences faites aux femmes

Tariq Ramadan, le 26 mars 2016, à Bordeaux (Gironde). 
Tariq Ramadan, le 26 mars 2016, à Bordeaux (Gironde).  (MEHDI FEDOUACH / AFP)

Le politologue, doublement mis en examen pour viols, s'est rendu lundi soir à une réunion organisée par la municipalité de Saint-Denis et a refusé de quitter les lieux. 

"C'est honteux !" Invitée sur Europe 1, mercredi 20 mars, Marlène Schiappa a réagi à la venue polémique de Tariq Ramadan dans une conférence contre les violences faites aux femmes à Saint-Denis (Seine-Saint-Denis), lundi. La présence dans le public de l'islamologue suisse, doublement mis en examen pour viols, a suscité l'indignation de la municipalité, qui a dénoncé une "provocation inacceptable".

"Quand on est en examen pour deux faits, ce n'est pas une rumeur (...) c'est assez honteux de se rendre dans ce débat, où il sait qu'il y aura potentiellement des victimes de violences sexuelles, et de les obliger à être face à lui", a fustigé la secrétaire d'Etat à l'Egalité entre les femmes et les hommes, sur Europe 1. 

"Sa présence n'était pas souhaitée"

Environ 70 personnes assistaient à cette réunion publique organisée à la mairie sur le thème "lutter contre les violences envers les femmes au quotidien", a expliqué à l'AFP Madjid Messaoudene, conseiller municipal en charge notamment de l'égalité femmes-hommes et de la lutte contre les discriminations.

Tariq Ramadan, domicilié à Saint-Denis depuis sa libération conditionnelle mi-novembre, s'est installé dans le public. "Il lui a été dit à plusieurs reprises que sa présence n'était pas souhaitée", a expliqué l'élu. Face à son refus de quitter la salle, plusieurs personnes ont décidé de partir. 

"Ses provocations ignobles doivent s'arrêter"

La député LFI Danièle Obono et la politologue Françoise Vergès figuraient parmi les intervenantes. "Nous espérions qu'il partirait de lui-même, à défaut de pouvoir le faire sortir", a raconté à l'AFP Anaïs Bourdet, la créatrice de "Paye ta shnek" un site dénonçant le harcèlement de rue. Si plusieurs personnes ont quitté la salle, elle explique sa décision : "J'ai pour ma part fait le choix de rester car je refusais que ce temps de parole nous soit confisqué par sa présence".

Sa venue "comme spectateur du débat est une provocation inacceptable", a dénoncé la mairie (PCF) dans un communiqué. "Ni la municipalité ni les participant.e.s n'avaient invité monsieur Ramadan à venir ni même souhaité sa présence", a-t-elle ajouté, rappelant qu'il n'est cependant "pas possible de faire sortir par la contrainte physique un participant à une réunion publique".

"Ses provocations ignobles doivent s'arrêter", a continué la mairie, appelant l'intellectuel suisse à "respecter un minimum de décence en laissant en paix celles et ceux qui se battent contre les violences faites aux femmes".

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