Surveillance à Ikea : une information judiciaire ouverte

Devant un magasin Ikea, à Lomme, dans le nord de la France, le 29 février 2012.
Devant un magasin Ikea, à Lomme, dans le nord de la France, le 29 février 2012. (PHILIPPE HUGUEN / AFP)

Elle intervient dans le cadre de l'affaire des soupçons de surveillance illégale de salariés et de clients de la part de la filiale française du groupe suédois.

Ikea intéresse la justice. Le parquet de Versailles a ouvert une information judiciaire dans l'affaire des soupçons de surveillance illégale de salariés et de clients de la part du géant suédois, selon une source proche du dossier, vendredi 11 mai. L'information a été ouverte le 13 avril pour infraction à la législation sur les fichiers informatiques et violation du secret professionnel.

Elle fait suite à une plainte contre X de FO pour "collecte de données à caractère frauduleux, déloyal ou illicite". Le syndicat soupçonne en effet la filiale française du groupe suédois d'avoir demandé à des enquêteurs privés des renseignements sur les antécédents judiciaires, policiers, ou les comptes en banque de salariés ou de clients en litige avec le groupe.

Une enquête préliminaire ouverte en mars

La plainte, à laquelle s'était associée la CFDT, s'appuyait sur des échanges d'emails douteux, qui auraient commencé au plus tard en 2003 et se seraient perpétués jusqu'au 17 juillet 2009 au moins. Elle avait entraîné l'ouverture le 1er mars d'une enquête préliminaire à Versailles. 

L'avocat de FO, Me Vincent Lecourt, avait déposé le 20 mars un complément de plainte dans le dossier Ikea "à la suite notamment de la découverte d'autres procédés d'espionnage des salariés, et ce, bien après 2009", avait-il expliqué. Avec ce "complément de plainte", Me Lecourt avait dit souhaiter "démontrer que les données collectées ont bien été utilisées comme méthode de management".